Économie
Les députés rejettent massivement la partie dépensière du projet de loi de finances

La commission des Finances de l’Assemblée nationale a opposé un refus catégorique aux crédits de l’État, marquant un nouveau revers pour le gouvernement.
Les parlementaires de la commission des Finances ont massivement désavoué ce mercredi les dispositions relatives aux dépenses publiques dans le cadre de l’examen du budget. Ce rejet intervient après celui des recettes, confirmant les profondes divergences qui traversent l’assemblée. Le texte, substantiellement remanié, ne fera pas l’objet d’un vote en séance plénière avant son transfert vers le Sénat.
Bien que cette décision revête un caractère consultatif, le scrutin a révélé une opposition quasi unanime. Seuls les élus socialistes ont fait connaître leur intention de s’abstenir, tandis que l’ensemble des autres formations politiques ont manifesté leur désaccord. Le texte s’est trouvé tiraillé entre les partisans d’une réduction drastique des financements publics, principalement au centre et à droite, et les défenseurs de dépenses d’investissement accrues, situés sur les bancs de la gauche.
Plusieurs enveloppes budgétaires majeures ont été purement et simplement écartées lors des débats. Huit crédits ministériels, concernant notamment les domaines agricole, culturel, environnemental, judiciaire et sanitaire, ont été rejetés. Le rapporteur général du budget a déploré l’incohérence du document final, qualifiant son élaboration de dépourvue de sens. Un élu de la majorité a pour sa part dénoncé trente-deux milliards d’euros de dépenses supplémentaires introduites par amendements, jugeant nécessaire une maîtrise renforcée des finances publiques.
En réponse, une parlementaire écologiste a défendu la nécessité de ces investissements pour soutenir l’action de l’État et des collectivités territoriales. Des voix se sont élevées pour critiquer les conditions du débat démocratique, certains élus dénonçant une procédure qui ne permettrait pas au Parlement de disposer des moyens nécessaires à la transformation du texte.
Ce vote sur les dépenses pourrait rester le seul organisé en première lecture. Les discussions en séance publique demeurent en effet bloquées sur le volet recettes, avec plus d’un millier d’amendements encore en attente d’examen avant l’échéance de dimanche minuit. Si les recettes étaient soumises au vote dans leur état actuel, leur rejet probable entraînerait l’interruption des débats et l’envoi direct du projet initial au Sénat, sans même que la partie dépensière n’ait pu être abordée en hémicycle.

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