Économie
L’économie chinoise ralentit mais tient grâce à l’IA et aux exportations
La Chine devrait annoncer une croissance de 4,5% au deuxième trimestre, en baisse par rapport au début d’année. Pourtant, l’explosion des exportations de…


La Chine devrait annoncer une croissance de 4,5% au deuxième trimestre, en baisse par rapport au début d’année. Pourtant, l’explosion des exportations de technologies, dopées par l’intelligence artificielle, permet de compenser la crise immobilière et la faiblesse de la consommation intérieure.
Le chiffre est attendu ce mercredi. Selon les économistes interrogés par l’AFP, le Produit intérieur brut chinois pour la période avril-juin ne devrait progresser que de 4,5% sur un an. C’est moins bien que les 5% enregistrés au premier trimestre, mais cela reste dans la fourchette haute de l’objectif annuel fixé par Pékin, entre 4,5 et 5%. Ce ralentissement n’est pas une surprise. Depuis plusieurs mois, l’économie chinoise souffre d’un mal chronique. Le secteur immobilier, autrefois moteur de la croissance, s’enfonce dans une crise d’endettement qui dure depuis 2020. Les prix des logements ont dégringolé puis stagné, freinant les acheteurs potentiels. Et malgré les milliards de yuans injectés depuis 2024 dans des programmes de subventions pour les appareils électroménagers, la consommation des ménages reste atone. En mai, les ventes au détail ont même baissé pour la première fois en trois ans.
Pourtant, un secteur tient la baraque. Les exportations explosent. En mai, elles ont bondi de 20% sur un an. Ce sont surtout les technologies liées à l’intelligence artificielle et à l’automobile qui tirent les chiffres. Les voitures électriques, les composants électroniques, les équipements pour les énergies renouvelables. Selon les experts, la Chine a gagné en compétitivité dans les secteurs à haute valeur ajoutée, malgré la guerre commerciale avec les États-Unis et les incertitudes géopolitiques. Résultat, l’excédent commercial a atteint un record de 1 200 milliards de dollars en 2025. Et au premier semestre 2026, la tendance se confirme. La demande mondiale pour les produits chinois de pointe reste forte, même si les droits de douane américains pèsent sur les petits exportateurs de biens bas de gamme.
Mais cette bouée de sauvetage a ses limites. La guerre au Moyen-Orient, qui a fait flamber les prix du pétrole depuis fin février, fragilise la croissance mondiale et donc la demande pour les exportations chinoises. Par ailleurs, la trêve douanière avec Washington expire en novembre, tandis que l’Union européenne envisage des mesures pour protéger ses industries de ce qu’elle considère comme une concurrence déloyale. Si les exportations liées à l’IA venaient à s’essouffler, Pékin serait contraint de relancer la machine par d’autres moyens. Les analystes s’attendent à de nouvelles mesures de soutien à l’investissement, aux services et à l’emploi dans les prochains mois. Car sans reprise de la consommation des ménages et sans retour de la confiance du secteur privé, difficile d’imaginer une croissance durable.
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