Politique
Le siège du Rassemblement national perquisitionné dans une enquête financière

Des investigations en cours visent les modalités de financement des campagnes électorales du parti, tandis que ses dirigeants dénoncent une instrumentalisation politique.
Une opération judiciaire d’envergure a été menée ce mercredi au siège parisien du Rassemblement national, dans le cadre d’une enquête préliminaire portant sur le financement des campagnes électorales de 2022 et 2024. Une vingtaine d’enquêteurs de la brigade financière, accompagnés de deux magistrats instructeurs, ont procédé à des saisies de documents comptables et de courriels, selon des sources proches du dossier.
Le président du parti a vivement réagi, qualifiant cette opération de manœuvre destinée à entraver son ascension politique. Il a notamment évoqué la confiscation d’archives liées aux scrutins présidentiel, législatifs et européens, tout en dénonçant une forme de persécution institutionnelle. Les investigations s’articulent autour de prêts consentis par des particuliers pour soutenir les campagnes du mouvement, une pratique légale mais soumise à un cadre strict.
Les autorités judiciaires cherchent à déterminer si ces fonds ont pu masquer des surfacturations ou des prestations fictives, une hypothèse que les responsables du parti rejettent avec fermeté. Selon des données officielles, le RN a largement recouru à ce mécanisme de financement ces dernières années, accumulant un endettement significatif auprès de prêteurs privés.
Cette perquisition s’inscrit dans un contexte judiciaire déjà tendu pour la formation politique. Plusieurs procédures sont en cours, dont une condamnation récente visant sa figure historique, dont l’issue pourrait influer sur la stratégie électorale à venir. Les soutiens du mouvement dénoncent une instrumentalisation de la justice, tandis que les magistrats insistent sur le caractère strictement technique de leurs investigations.
D’autres partis politiques ont fait l’objet de perquisitions similaires par le passé, rappelant la sensibilité des questions de financement en période électorale. L’affaire devrait alimenter les débats sur la transparence des ressources partisanes dans les prochains mois.

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