Culture
Le sabre du Libérateur, un symbole national au cœur d’une polémique

_**La décision du président Javier Milei de transférer l’arme historique du général San Martin d’un musée national à un régiment militaire suscite une vive opposition et des démissions.**_
L’emblématique sabre du général José de San Martin, figure majeure des indépendances sud-américaines, ne repose plus au Musée historique national de Buenos Aires. Un décret présidentiel a ordonné son transfert vers le Régiment des Grenadiers à cheval, unité fondée par le Libérateur lui-même. Cette mesure a immédiatement provoqué une onde de choc dans les milieux culturels et au sein de la famille du héros.
La directrice de l’institution muséale a présenté sa démission, jugeant inacceptable ce déplacement. Parallèlement, les descendants de San Martin ont saisi la justice, estimant que l’opération contreviendrait aux conditions de la donation originale de l’objet à l’État, datant de 1897. Ils soulignent qu’elle porterait atteinte au droit du public à accéder à un bien patrimonial d’une importance capitale.
L’arme, un sabre courbe de fabrication anglaise, est bien plus qu’une simple relique. Elle incarne les campagnes militaires qui ont conduit à l’indépendance de l’Argentine en 1816, puis à celle du Chili et du Pérou. Son parcours fut d’ailleurs déjà tumultueux. Après avoir été volé à deux reprises au cours du XXe siècle, il avait été retiré du musée sous la dictature du général Ongania pour être confié aux mêmes Grenadiers, avant d’y être finalement restitué en 2015.
La cérémonie de remise officielle doit se tenir à San Lorenzo, lieu d’une bataille fondatrice remportée par San Martin en 1813. Ce genre de controverse autour des symboles des pères de la patrie n’est pas une première en Amérique latine, rappelant notamment l’exhumation des restes de Simon Bolivar au Venezuela, qui avait profondément divisé la société.

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