Monde
Le PSOE durcit le ton : exclusion immédiate pour tout recours à la prostitution

Le parti socialiste espagnol adopte une ligne intransigeante contre l’exploitation sexuelle, dans un contexte de crise politique aggravée par des affaires de corruption.
Le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) a pris une décision radicale lors de son dernier comité fédéral : tout membre reconnu pour avoir sollicité ou accepté des services sexuels tarifés sera immédiatement exclu. Cette mesure, présentée comme la « sanction maximale », vise à réaffirmer les valeurs du parti face à une série de scandales entachant son image.
La décision intervient après l’arrestation de Santos Cerdán, ancien numéro trois du PSOE, impliqué dans une affaire de corruption mêlant marchés publics et recours à des prostituées. Le Premier ministre Pedro Sánchez a martelé que « le corps des femmes n’est pas une marchandise », appelant à une « tolérance zéro » envers les comportements contraires à l’éthique socialiste.
La réunion du comité a également été marquée par la démission surprise de Francisco Salazar, un proche de Sánchez, visé par des accusations de harcèlement sexuel. Le parti a procédé à un remaniement interne, nommant à un poste clé une avocate expérimentée, María González Veracruz, pour tourner la page sur ces turbulences.
Pedro Sánchez, fragilisé par des enquêtes judiciaires touchant son entourage familial et politique, a rejeté toute idée de démission. « Un capitaine ne fuit pas la tempête », a-t-il déclaré, annonçant treize mesures anticorruption pour restaurer la confiance.
Dans le même temps, l’opposition conservatrice du Parti populaire (PP) a saisi l’occasion pour afficher son unité lors d’un congrès triomphal. Son leader, Alberto Núñez Feijóo, a fustigé « la décadence » du gouvernement, se présentant comme l’alternative à « la fatigue politique » du pays.
Cette crise multiforme place le PSOE dans une situation inédite depuis l’accession de Sánchez au pouvoir en 2018, entre purges internes et offensives judiciaires. La fermeté affichée sur la prostitution semble autant un message d’apaisement envers l’électorat progressiste qu’une tentative de reprendre le contrôle d’un parti secoué par les scandales.

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