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Le président américain accusé d’une nouvelle escalade dans les pratiques contestables

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Depuis plusieurs jours, des voix s’élèvent pour dénoncer ce que certains qualifient d’un pas supplémentaire franchi par Donald Trump dans des affaires de corruption et de conflits d’intérêts. Versements d’argent public à ses partisans, amnistie fiscale et transactions boursières controversées nourrissent les critiques.

Les accusations d’enrichissement personnel, de trafic d’influence et de clientélisme accompagnent le milliardaire républicain depuis son premier mandat. En 2016, il avait lui-même affirmé qu’un président ne pouvait pas être en situation de conflit d’intérêts. Pourtant, un collectif d’éditorialistes du New York Times a jugé récemment qu’il n’existait aucun précédent comparable à cette corruption présidentielle. Cette déclaration fait suite à l’annonce d’un accord conclu entre le locataire de la Maison-Blanche et le service fédéral des impôts.

Ce compromis, qui met un terme à une plainte déposée par Donald Trump contre le fisc, a été validé par le ministre de la Justice par intérim Todd Blanche, ancien avocat personnel du président. Il prévoit la création d’un fonds d’indemnisation dit anti-instrumentalisation, doté de 1,776 milliard de dollars, un montant qui fait référence à l’année de l’indépendance américaine. Cette somme est destinée à réparer les préjudices subis par des partisans de Donald Trump poursuivis sous l’administration Biden. Parmi les potentiels bénéficiaires figurent des assaillants du Capitole, déjà graciés par le républicain le jour de sa seconde investiture en 2025.

Deux policiers présents le 6 janvier 2021, lorsqu’une foule a tenté d’empêcher le Congrès de certifier l’élection de Joe Biden, ont déposé une plainte. Ils dénoncent un détournement d’argent public destiné à financer des insurgés et des paramilitaires à la solde de Donald Trump. Même au sein du camp républicain, des voix se sont élevées. Le sénateur Bill Cassidy a estimé que les préoccupations des Américains portent sur leur capacité à payer leur hypothèque, leur loyer ou leurs courses, et non sur la création d’un fonds de 1,8 milliard de dollars pour le président et ses alliés.

L’accord passé avec le fisc protège Donald Trump, sa famille et ses entreprises de tout redressement fiscal concernant ses déclarations passées. Interrogé mercredi par des journalistes, le président a affirmé ne pas avoir été impliqué dans les discussions sur cet accord. Le chef de file des sénateurs démocrates, Chuck Schumer, a qualifié la situation de braquage où le voleur possède la banque, dirige la police et s’auto-amnistie au passage. Pour Noah Rosenblum, professeur de droit à la New York University, ce fonds s’inscrit dans un projet plus large de Donald Trump, visant non seulement à s’enrichir personnellement pendant son mandat, mais aussi à utiliser sa présidence pour réécrire l’Histoire.

Les accusations de conflit d’intérêt ont été relancées lorsque le bureau gouvernemental des affaires idéologiques a publié une déclaration du président sur ses récentes transactions boursières. Cette déclaration, exigée par la loi, a été soumise en retard, ce qui a valu une amende à Donald Trump. Judd Legum, ancien conseiller de campagne d’Hillary Clinton et auteur d’une newsletter sur les affaires publiques, a souligné que le calendrier des achats d’actions était particulièrement frappant. Selon lui, Donald Trump a, dans plusieurs cas, acheté des actions juste avant de faire des déclarations publiques vantant les mérites des entreprises concernées. Plusieurs sociétés figurant sur la liste des transactions ont vu leur activité et leur cours de Bourse influencés par des décisions gouvernementales.

Eric Trump, fils du président, a défendu son père sur X, affirmant que ni le président, ni sa famille, ni la Trump Organization ne jouent un rôle direct dans le choix, l’ordre, l’approbation ou l’influence sur des investissements spécifiques. Ces fonctions auraient été confiées à des institutions financières indépendantes. Le vice-président JD Vance a également rejeté les accusations, les qualifiant d’absurdes.

Jusqu’à présent, les soupçons de malversations semblent glisser sur le président américain, qui les écarte d’un revers de main. Judd Legum regrette que les Américains soient devenus anesthésiés face aux conflits d’intérêt et à la potentielle corruption, ce qui n’est pas sain pour une démocratie. Noah Rosenblum estime que les Américains ne sont pas plus tolérants envers la corruption de la part de Donald Trump, mais que chacun s’est déjà fait une opinion sur le président. Certains voient dans ses actions de la corruption ouverte et de l’enrichissement personnel, ce que Donald Trump sait et considère comme un atout pour renforcer l’attachement de ses véritables partisans.

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