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Culture

_**Les derniers compagnons du Che ressurgissent dans un documentaire à Cannes**_

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_**Soixante ans après la mort d’Ernesto Guevara, un film présenté au Festival de Cannes redonne vie aux hommes qui l’ont suivi jusqu’au bout. Le réalisateur Christophe Dimitri Réveille a consacré plus de deux décennies à exhumer leurs trajectoires oubliées.**_

Près de six décennies après l’exécution du Che Guevara en Bolivie, un documentaire présenté hors compétition à Cannes lève le voile sur ses derniers compagnons d’armes. Ces hommes, traqués sans relâche après la capture et la mort du célèbre guérillero, étaient jusqu’alors restés dans l’ombre de l’histoire.

Christophe Dimitri Réveille, réalisateur français, explique avoir voulu mettre en lumière ces figures anonymes. Son enquête, menée pendant vingt-deux ans, l’a conduit à retrouver des survivants, des militaires, des agents de la CIA et des témoins dispersés entre Cuba, la Bolivie et la France. Le film, intitulé « Les Survivants du Che », mêle archives inédites, séquences animées et entretiens exclusifs, avec la voix de Vincent Lindon en narration.

L’idée du documentaire a germé presque par hasard. Alors qu’il rédigeait la biographie de l’un des survivants, Christophe Dimitri Réveille a rencontré l’acteur Benicio del Toro, qui avait incarné le Che dans la saga de Steven Soderbergh. L’acteur portoricain jugeait alors impossible de réunir tous les survivants dans un même projet. Le cinéaste a relevé le défi.

Il s’est rendu en Bolivie, jusqu’au ravin où le guérillero argentin a été capturé en 1967 par l’armée bolivienne. Sur ce chemin de mémoire, il dit avoir croisé des passionnés prêts à tout pour l’aider. Après la capture du Che, six guérilleros qui l’accompagnaient ont fui sur plus de deux mille kilomètres à travers montagnes, jungles et villages hostiles, poursuivis par des soldats. Leur but était de rejoindre Cuba pour informer Fidel Castro de la défaite et poursuivre la lutte armée. Trois d’entre eux y sont parvenus avec l’aide du président français Charles de Gaulle.

Pour reconstituer cette fuite dont les récits étaient épars et les images inexistantes, le réalisateur a eu recours à l’animation. Plus qu’une célébration du mythe du Che, il a cherché à raconter le parcours de ces hommes qui l’ont suivi jusqu’au bout, mais dont personne ne se souvient. Les véritables héros, selon lui, sont souvent des gens ordinaires, acteurs de révolutions dont les noms ne figurent jamais dans les livres d’histoire.

L’essayiste français Régis Debray, qui fut compagnon du Che dans le maquis bolivien, témoigne également dans le film. Le documentaire évite toute vision idéalisée de la guérilla ou de la figure du Che, qui continue de diviser des décennies après sa mort. Le réalisateur reconnaît que le Che a choisi la violence, mais souligne qu’il a abandonné une vie privilégiée pour se battre pour les autres.

Le film, achevé après la disparition de plusieurs des hommes interviewés, permet au moins que leur histoire ne s’éteigne pas avec eux.

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