Économie
Le nucléaire, pilier de la souveraineté énergétique selon Emmanuel Macron

À l’ouverture d’un sommet international à Paris, le chef de l’État français a présenté l’énergie atomique comme un levier stratégique pour garantir l’autonomie des nations face à l’instabilité des marchés des hydrocarbures.
Emmanuel Macron a prononcé un plaidoyer en faveur de l’énergie nucléaire civile, mardi, devant une quarantaine de délégations étatiques et des représentants d’organisations internationales. Selon lui, cette filière constitue un atout décisif pour concilier les impératifs de souveraineté, de décarbonation et de compétitivité économique. Le contexte géopolitique actuel, marqué par des tensions pouvant affecter les approvisionnements, renforce selon l’exécutif français la pertinence de cette source d’électricité bas carbone.
Le président a lancé un appel aux investisseurs publics et privés pour qu’ils soutiennent massivement ce secteur, dont les projets nécessitent des capitaux importants et présentent parfois des risques. Il a notamment invité les institutions financières à s’engager davantage en faveur des programmes les plus ambitieux. Cette rencontre parisienne, deuxième du genre après une première édition à Bruxelles, vise à traduire en actions concrètes la dynamique de relance observée à l’échelle mondiale.
Plusieurs personnalités présentes ont partagé cette analyse. La présidente de la Commission européenne a ainsi qualifié de regrettable le recul historique de la part du nucléaire dans le mix énergétique européen, une orientation qui a selon elle éloigné le continent d’une source d’électricité fiable et peu émettrice. Cette position rejoint les conclusions de l’Agence internationale de l’énergie, qui estime que la sécurité énergétique des États passe par un développement conjoint des énergies renouvelables et de l’atome.
L’organisation de ce sommet en France, l’un des pays les plus engagés dans cette technologie, intervient à un moment où de nombreuses nations réévaluent leur stratégie. Une quarantaine d’entre elles auraient manifesté un intérêt pour initier ou relancer des programmes nucléaires. Cette tendance s’inscrit dans une volonté de réduire la dépendance aux combustibles fossiles, dont la volatilité des prix a été récemment accentuée par des conflits internationaux, et de répondre à la demande croissante en électricité, notamment portée par les nouvelles technologies.
L’objectif affiché des participants est d’identifier les modalités pratiques pour assurer un développement sûr et accessible de cette énergie. Cet engagement collectif fait écho à la déclaration signée par plusieurs États lors de la COP28, visant à tripler les capacités nucléaires mondiales d’ici le milieu du siècle. Actuellement, l’atome fournit environ dix pour cent de l’électricité produite dans le monde.

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