Nous rejoindre sur les réseaux

Monde

Le fleuve Congo, dernière barrière avant que l’Ebola n’atteigne Kinshasa

Alors que la plus meurtrière épidémie d’Ebola que la RDC ait connue continue de progresser, les contrôles s’intensifient aux portes de la capitale. Chaque…

Article

le

Le fleuve Congo, dernière barrière avant que l'Ebola n'atteigne Kinshasa

Alors que la plus meurtrière épidémie d’Ebola que la RDC ait connue continue de progresser, les contrôles s’intensifient aux portes de la capitale. Chaque jour, des centaines de voyageurs venus des zones infectées sont inspectés sur les berges du fleuve.

Porte-voix en main, Yves Matwa fait descendre les consignes à bord d’une embarcation en bois qui vient de passer des heures sur l’eau. À Bende-Bende, l’un des principaux points d’entrée vers Kinshasa, les équipes sanitaires ne laissent rien au hasard. Les passagers arrivent des régions du Nord et de l’Est, là où l’épidémie a déjà fait plus de 2 500 morts en à peine trois mois. « Ils viennent de zones à risque, alors on doit vérifier tout le monde », explique ce responsable de l’engagement communautaire. Sous des tentes installées sur le débarcadère, on prend la température, on cherche les moindres signes de fièvre, on note les adresses de départ et d’arrivée. Le but est simple. Retrouver plus tard quiconque présenterait des symptômes, car le virus peut se déclarer jusqu’à trois semaines après l’infection.

Kinshasa retient son souffle. La mégapole de près de 17 millions d’habitants n’a encore enregistré aucun cas, mais le fleuve Congo reste une autoroute humaine et commerciale. Des milliers de personnes débarquent chaque jour, souvent sans autre moyen de transport que ces baleinières surchargées. Beaucoup viennent de Kisangani, où une quinzaine de cas ont été détectés. Si le virus se frayait un chemin jusqu’à la capitale, les conséquences seraient dévastatrices. Un médecin engagé dans la riposte le dit sans détour. Un seul malade pourrait suffire à déclencher une multiplication des cas. C’est pour cela que chaque bateau est inspecté minutieusement, parfois désinfecté de la cale au pont par des équipes masquées et bottées.

Mais la tâche est immense. Le dépistage se heurte à la méfiance d’une population épuisée par des décennies de crises et peu habituée à voir l’État prendre soin d’elle. Certains passagers refusent de descendre, d’autres pensent que la maladie a été inventée. Une infirmière raconte les discours qu’elle doit tenir pour convaincre les plus récalcitrants. Les agents enregistrent malgré tout des centaines de voyageurs chaque jour, et les tests effectués jusqu’ici se sont tous révélés négatifs. Mais l’épidémie, elle, poursuit sa course. Aucun vaccin homologué n’existe contre la souche actuelle, même si des essais sont en cours et que des dizaines de milliers de doses d’un vaccin proche ont été envoyées pour évaluer leur efficacité. Les autorités sanitaires internationales l’ont répété ces derniers jours. La situation est loin d’être maîtrisée. Aux portes de Kinshasa, la surveillance reste la seule arme disponible.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus