Nous rejoindre sur les réseaux

Sports

Le bronze européen du marathon, une victoire de guerriers

Trois marathoniens français ont tout donné sur un parcours impitoyable. Leur récompense collective est une médaille de bronze qui compte double.

Article

le

Le bronze européen du marathon, une victoire de guerriers

Trois marathoniens français ont tout donné sur un parcours impitoyable. Leur récompense collective est une médaille de bronze qui compte double.

Valentin Gondouin avait le podium individuel au bout des jambes. Il lui a manqué treize petites secondes. La faute à une ampoule au talon droit survenue tôt dans la course, qui l’a obligé à compenser jusqu’à ce que son quadriceps se mette à saturer. Dans la montée finale, ses jambes ont dit stop. Mais le natif de Flers ne ressort pas frustré de ce championnat. Il salue la performance de ses adversaires et repart avec une conviction. Sur un parcours aussi exigeant et aussi rapide, il se sent prêt à battre son record sur un tracé plus roulant.

Emmanuel Roudolff-Lévisse, lui, décrit un marathon « brutal ». Dès les dix premières minutes, le rythme est monté très haut. L’enchaînement des montées et des descentes a transformé la course en combat musculaire. Il a tenté de courir juste, d’économiser ses forces pour ne pas exploser. Le Top 10 est passé à vingt-neuf secondes. C’est frustrant, mais il préfère retenir la suite. Avec Hassan Chahdi, ils ont également suivi la mésaventure de leur compatriote Félix Bour, contraint à l’abandon après le trente-cinquième kilomètre.

Hassan Chahdi avait choisi une autre stratégie. Une course prudente, un départ tranquille, puis une gestion de l’effort au fil des relances qui font mal sur un tel tracé. Quand les jambes ont commencé à protester, il a temporisé, avec un objectif en tête. Terminer coûte que coûte pour que le collectif français puisse exister. Objectif rempli.

Car c’est bien là que tout se joue. En cumulant leurs temps, les trois marathoniens offrent à la France la neuvième médaille de ces championnats d’Europe. Du bronze, comme souvent pour cette équipe. Emmanuel Roudolff-Lévisse, qui avait déjà goûté au podium espoirs en 2017 sur le 10 000 mètres, compte bien savourer l’instant sur la boîte. Valentin Gondouin y voit la cerise sur le gâteau et un signe que le marathon français va bien. Selon lui, il faut donner les clés à cette génération pour qu’elle continue de progresser ensemble.

Hassan Chahdi, lui, prononce un mot fort. « Vraie valeur ». Car si l’équipe visait l’or, elle repart avec du bronze. Et ce bronze-là a été construit dans la douleur, la gestion collective et l’abnégation. De quoi lui donner du poids.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus