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Politique

L’Assemblée nationale efface le Code noir, 178 ans après l’abolition de l’esclavage

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Un vote symbolique a provoqué une vive émotion dans l’hémicycle, portée par le récit personnel d’un député évoquant la mémoire de ses ancêtres.

Jeudi 28 mai, les députés ont adopté en première lecture l’abrogation du Code noir, cet ensemble de textes qui avait encadré l’esclavage dans les anciennes colonies françaises. Ce scrutin intervient cent soixante-dix-huit ans après le décret du 27 avril 1848 qui avait mis fin à cette pratique. Si la portée de ce vote reste surtout symbolique, il a offert un moment fort au sein de l’Assemblée nationale.

Le député écologiste Steevy Gustave, dont la famille est marquée par l’histoire de l’esclavage, a pris la parole pour livrer un témoignage personnel. La voix serrée par l’émotion, il a confié penser à son arrière-grand-mère, dont le souvenir a traversé les générations. Il a raconté que le grand-père de cette femme, né en Afrique, avait été réduit en esclavage sous le matricule 336. Aujourd’hui, a-t-il souligné avec force, son arrière-petit-fils siège comme député de la République.

Steevy Gustave a insisté sur la nécessité d’abroger ce code, avant de nuancer avec une précision importante. Il a tenu à rappeler que les personnes concernées ne sont pas les descendants d’esclaves, mais bien les descendants d’êtres humains nés libres puis réduits en esclavage. Le député de Guadeloupe Max Mathiasin, à l’origine de la proposition de loi, a également pris la parole, visiblement ému après le vote. Il a salué un geste supplémentaire, un hommage rendu à tous les hommes, femmes et enfants qui ont subi l’esclavage.

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