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L’affaire Samuel Paty en appel, la défense d’un accusé se fonde sur l’ignorance présumée

_**Lors de la reprise de leur procès en appel, l’un des condamnés pour complicité dans l’assassinat du professeur Samuel Paty a affirmé devant la cour n’avoir eu aucune connaissance des intentions criminelles de l’auteur des faits.**_
Azim Epsirkhanov, âgé de vingt-cinq ans, a déclaré ne pas avoir perçu la radicalisation de son ami Abdoullakh Anzorov, l’auteur de l’attaque mortelle contre l’enseignant en octobre 2020. Condamné en première instance à seize années de réclusion criminelle, il conteste, avec un autre proche également rejugé, avoir sciemment apporté son aide au passage à l’acte. Le tribunal avait estimé que les deux hommes ne pouvaient ignorer les projets terroristes d’Anzorov.
L’audience s’est concentrée sur les événements survenus la veille de l’assassinat. Les deux accusés avaient accompagné Anzorov à Rouen. Ce dernier leur aurait demandé de l’aider à se procurer une arme à feu, prétextant un besoin de protection dans un contexte local tendu. Un couteau avait également été acheté ce jour-là, présenté comme un cadeau. Pour l’accusation, ces actes démontrent une complicité consciente, tandis que la défense soutient que ces explications banales n’ont pas éveillé leurs soupçons.
Un élément central du débat judiciaire réside dans la connaissance que les deux amis pouvaient avoir des convictions d’Anzorov et de la polémique entourant le cours de Samuel Paty. Un fonctionnaire de police a indiqué à la barre que la radicalisation du jeune homme était perceptible dans ses échanges sur les réseaux sociaux et ses rappels à l’ordre religieux au sein de son entourage. Azim Epsirkhanov a rétorqué que la religion n’était pas un sujet de discussion entre eux et qu’il n’appartenait pas aux groupes de messagerie où ces thèmes étaient abordés.
L’accusé a également évoqué un incident survenu fin septembre 2020, lors duquel Anzorov aurait évoqué son souhait de se rendre en Syrie. Il affirme n’y avoir prêté aucune attention sérieuse. Selon ses déclarations, la prise de conscience de la gravité des actes de son ami n’est intervenue qu’après l’assassinat, le poussant à se rendre aux services de police dans la nuit même avec son coaccusé. Le verdict de ce procès en appel est attendu pour la fin du mois de février.

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