Culture
L’adieu au maître du rouge, Valentino Garavani s’éteint à 93 ans


Le couturier italien, dont les créations ont habillé les plus grandes icônes du XXe siècle, laisse derrière lui l’héritage d’une haute couture romaine sensuelle et intemporelle.
La disparition de Valentino Garavani marque la fin d’une époque pour la mode internationale. Pendant près de cinq décennies, le créateur a imposé une esthétique de l’élégance absolue, caractérisée par des lignes sculpturales et une palette où dominait son célèbre rouge impérial. Son univers, synonyme de luxe et de sophistication, a séduit un panthéon de clientes, des stars d’Hollywood aux têtes couronnées, faisant de sa griffe un symbole de la dolce vita à l’italienne.
Né en 1932 près de Milan, Valentino Garavani manifeste très tôt une passion exclusive pour la beauté et le raffinement. Formé à Paris auprès de maisons prestigieuses, il puise dans la tradition de la couture française les fondements d’un style qu’il va personnaliser. Contre l’avis de certains, il choisit de s’installer à Rome en 1960, où il fonde sa maison avec son compagnon et associé, Giancarlo Giammetti. Ce dernier jouera un rôle crucial dans le développement de l’empire commercial de la marque.
Le succès arrive rapidement, porté par le glamour du cinéma italien des années soixante. Sa rencontre avec Jacqueline Kennedy en 1964 constitue un tournant décisif. La robe de mariage qu’il conçoit pour son union avec Aristote Onassis en 1968 lui offre une visibilité planétaire et consacre son statut aux États-Unis. Dès lors, Valentino incarne l’excellence de la couture italienne sur la scène internationale, mêlant avec habileté savoir-faire artisanal et sens du spectacle.
Ses créations, souvent réalisées sur mesure dans des étoffes somptueuses, célébraient la silhouette féminine avec une précision architecturale. Pour le couturier, une tenue devait avant tout conférer à celle qui la portait une présence magnétique. Après avoir délocalisé ses défilés à Paris en 1989, il y reçoit les plus hautes distinctions, avant de prendre sa retraite en 2008, non sans émotion, laissant derrière lui une maison qui continue de perpétuer son héritage. Son influence demeure un chapitre essentiel de l’histoire de la mode.





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