Planète
Un géant préhistorique dévoile ses os pour la première fois à Angoulême


Le public pourra admirer dès ce vendredi le squelette d’un camarasaure, un cousin du diplodocus long de vingt mètres, au musée d’Angoulême, deux années après sa mise au jour sur le site d’Angeac-Charente.
Les ossements de cet immense herbivore, pesant vingt tonnes et ayant vécu il y a cent quarante millions d’années dans un environnement marécageux, sont présentés dans le cadre de l’exposition « Chercheurs de Dinos », accessible jusqu’au début de l’année 2027. Jusqu’alors réservés aux visiteurs privilégiés des fouilles estivales, ces vestiges sont désormais offerts à tous les regards. Laurent Crépin, conservateur et responsable des collections paléontologiques et archéologiques du musée, souligne le caractère inédit de cette présentation. Il précise que même les scientifiques de l’équipe de fouilles n’ont pas eu l’opportunité d’examiner l’ensemble des pièces préparées et montées. Le public bénéficie donc d’une primeur exceptionnelle, découvrant ces fossiles avant que les chercheurs ne les étudient en profondeur.
Parmi les pièces exposées figurent un fémur monumental, divisé en deux parties, une omoplate, plusieurs vertèbres, deux mandibules et une trentaine de dents. Ce camarasaure, inconnu en Europe occidentale jusqu’en 2024, partageait son habitat avec une quarantaine d’autres vertébrés, tels que des crocodiles, des tortues ou des ornithomimosaures, surnommés dinosaures-autruches. Sa présence sur ce site du Crétacé inférieur a surpris les spécialistes. Laurent Crépin rappelle que cette espèce était théoriquement censée avoir disparu lors de la transition entre le Jurassique et le Crétacé, une période marquée par une crise climatique ayant éliminé de nombreux organismes. Cette découverte a donc relancé les recherches et soulevé de nouvelles interrogations scientifiques.
Les fossiles d’Angeac-Charente sont destinés à enrichir les collections du musée d’Angoulême. Certains d’entre eux, à l’exception du camarasaure, seront présentés au Muséum national d’histoire naturelle de Paris à partir du mois de juin. Le site d’Angeac-Charente avait déjà acquis une renommée internationale en 2010 avec la mise au jour d’un fémur long de deux mètres appartenant à un turiasaure, un autre sauropode. L’exposition, organisée avec le concours scientifique et technique du Muséum national d’histoire naturelle et de l’Association Paléocharente, propose également une reconstitution d’ornithomimosaure, des évocations de la végétation de l’époque et une mise en lumière des bénévoles et des métiers qui rendent possible un tel chantier de fouilles.





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