Politique
Gabriel Attal, l’héritier frondeur du macronisme
Le plus jeune Premier ministre de l’histoire de la République en 2024, aujourd’hui candidat déclaré à l’élection présidentielle de 2027, incarne la nouvelle génération du parti présidentiel, qu’il a repris en main après la dissolution de l’Assemblée nationale.
À trente-sept ans, Gabriel Attal s’est imposé comme la figure montante de la décennie macroniste. C’est depuis un petit village de l’Aveyron, Mur-de-Barrez, qu’il a officialisé sa candidature, souhaitant la présenter « au milieu des Français ». Un décor de carte postale qui contraste avec son parcours parisien, marqué par une scolarité à la prestigieuse École alsacienne, un diplôme de Sciences Po et un mandat de député à Vanves.
Son ascension a été fulgurante. Après une année passée à la Villa Médicis à Rome et quelques mois comme consultant en auto-entrepreneur, il est élu député à vingt-huit ans. Mais Gabriel Attal connaissait déjà les rouages du pouvoir pour avoir été conseiller de la ministre socialiste Marisol Touraine pendant cinq ans. Depuis, celui qui avait rejoint le Parti socialiste pour voter Ségolène Royal en 2007 semble puiser son inspiration chez Nicolas Sarkozy, reprenant les thèmes de la France qui se lève tôt, de la lutte contre les blocages et de la défense des classes moyennes.
S’il est souvent perçu comme le clone d’Emmanuel Macron, il n’a jamais appartenu au cercle intime du chef de l’État, bien qu’il soit proche de Stéphane Séjourné, aujourd’hui commissaire européen, qu’il décrit comme l’homme de sa vie dans un ouvrage personnel. Le nouveau monde de 2017 a vu émerger des dirigeants politiques sans grande expérience, mais Gabriel Attal n’a pas tardé à se distinguer. Dès 2018, il devient le plus jeune membre d’un gouvernement français.
Sa maîtrise des codes de la communication est indéniable. Porte-parole du gouvernement en 2020, ministre des Comptes publics en 2022, puis de l’Éducation nationale en 2023, il s’entoure d’une équipe de conseillers fidèles. Chaque mot est pesé. Député, il dénonce la gréviculture des syndicats. Au Budget, il lance les dialogues de Bercy avec les oppositions. À l’Éducation nationale, il interdit l’abaya et initie un choc des savoirs. Premier ministre, il martèle des formules d’autorité comme tu casses, tu réparés, tu salis, tu nettoies. Un dirigeant centriste le qualifie de professionnel de la communication avant tout, estimant que cela ne reflète pas une offre politique cohérente.
Son ascension a d’abord ravi l’Élysée. Le président s’appuyait beaucoup sur lui, le considérant comme le meilleur représentant de l’ADN du macronisme. Sa nomination à Matignon en janvier 2024, pour succéder à Élisabeth Borne, fut un coup personnel. Mais les relations se sont rapidement dégradées. Un Salon de l’Agriculture catastrophique pour le président, tandis que son Premier ministre apaisait la colère agricole en Haute-Garonne, a marqué un contraste insupportable. La rupture est intervenue au bout de cinq mois, avec la dissolution de l’Assemblée nationale, décidée sans que Gabriel Attal en soit informé.
Il s’est alors émancipé, prenant la tête de la campagne des législatives, puis du groupe macroniste à l’Assemblée et enfin du parti, contre la volonté du président. Depuis, il s’efforce de doter le parti d’une doctrine, proposant notamment l’interdiction du voile pour les mineures de moins de quinze ans et une gestation pour autrui éthique. Des positions qui risquent d’éloigner une partie de la macronie. Mais Gabriel Attal ne se considère pas comme le gardien d’un temple macroniste, estimant que tout a changé depuis 2017.
Promettant une campagne permanente, il entend supplanter un autre ancien Premier ministre, Édouard Philippe, comme représentant du bloc central. Les échanges entre les deux camps commencent à être vifs. Mais un ralliement au mieux placé est envisagé pour faire face au Rassemblement national. Certains prédisent pourtant qu’il ne sera pas président, car les électeurs ne voteront pas une troisième fois pour Macron, et qu’il reste, malgré tout, la créature du président.
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