Économie
L’accord UE-Mercosur suscite la colère du monde agricole français


Le syndicat Coordination rurale dénonce une « trahison programmée » et exige un vote parlementaire avant toute ratification.
Le principal syndicat agricole après la FNSEA, la Coordination rurale, a vivement condamné jeudi l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur. Son secrétaire général, Christian Convers, a qualifié ce texte de « trahison programmée », estimant que les agriculteurs n’étaient « pas dupes » quant aux intentions réelles des autorités européennes et nationales.
Intervenant sur RMC/BFM, il a annoncé que son organisation allait immédiatement interpeller le Premier ministre afin qu’un vote soit organisé à l’Assemblée nationale avant l’examen de la question de confiance prévue lundi. Il a également appelé le gouvernement à se prononcer clairement contre cet accord, soulignant que la France devait encore peser de tout son poids dans les négociations européennes.
Selon lui, cet accord engage des choix de société fondamentaux, notamment sur l’origine et la qualité des produits consommés en Europe. Il a mis en garde contre le risque de voir les étals envahis par des denrées sud-américaines, au détriment des productions locales.
La Commission européenne a pourtant affirmé mercredi avoir intégré des garanties « robustes » pour protéger les agriculteurs, avec des clauses de sauvegarde renforcées. Des assurances jugées insuffisantes par la Coordination rurale, qui réclame depuis longtemps que l’agriculture soit exclue de ce type de traités.
Si la France s’est dite satisfaite des avancées proposées par Bruxelles, elle a néanmoins indiqué devoir encore examiner le détail des dispositions. L’accord, s’il était adopté, ouvrirait largement le marché sud-américain aux exportations européennes de produits industriels et vitivinicoles, mais exposerait dans le même temps les filières agricoles européennes à une concurrence accrue sur les viandes, les céréales ou le sucre.
Par ailleurs, Christian Convers s’est montré réservé quant aux appels circulant sur les réseaux sociaux visant à organiser un blocage national le 10 septembre. Il a privilégié une approche davantage institutionnelle, visant à « faire avancer les dossiers » par le dialogue plutôt que par la confrontation.





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