Monde
La Turquie ambitionne un rôle de modérateur dans la crise moyen-orientale
À l’occasion d’un forum international à Antalya, Ankara affiche sa volonté de peser sur les dynamiques diplomatiques pour apaiser les foyers de conflit et préserver les voies de dialogue.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a plaidé pour une désescalade régionale lors de l’inauguration de la cinquième édition du Forum diplomatique d’Antalya. Cet événement, qui réunit des délégations de plus de cent cinquante nations ainsi qu’une vingtaine de chefs d’État et de gouvernement, sert de cadre à des consultations intensives sur les tensions au Moyen-Orient. Le chef de l’État a insisté sur la nécessité de privilégier les pourparlers aux actions militaires, soulignant que toute opportunité de trêve devait être saisie pour bâtir une paix durable.
La tenue de ce rassemblement coïncide avec une reconfiguration des efforts de médiation, notamment portés par le Pakistan. Le Premier ministre Shehbaz Sharif, présent à Antalya après une série d’entretiens dans la région, doit s’entretenir avec son homologue turc en marge des travaux. Une rencontre ministérielle regroupant la Turquie, l’Égypte, le Pakistan et l’Arabie saoudite est également prévue pour examiner des solutions régionales, en particulier concernant les différends impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran.
Les discussions devraient notamment porter sur la situation dans le détroit d’Ormuz, voie maritime cruciale dont Téhéran a annoncé la réouverture tant que la trêve est respectée. M. Erdogan a rappelé l’importance de garantir la liberté de navigation dans ce secteur, tout en réaffirmant l’engagement d’Ankara à œuvrer pour une prolongation du cessez-le-feu et la poursuite des négociations. Des pourparlers directs entre l’Iran et les États-Unis, tenus récemment à Islamabad sous l’égide pakistanaise, n’ont pour l’instant pas abouti à une percée, mais le dialogue n’est pas rompu.
La Turquie, qui entretient des positions critiques à l’égard d’Israël, participe activement à ces initiatives multilatérales aux côtés du Caire et d’Islamabad. Les autorités turques ont exprimé leur soutien à tout processus visant à transformer la pause actuelle des hostilités en un arrangement stable, tout en mettant en garde contre les risques de déstabilisation. Le forum d’Antalya constitue ainsi une plateforme où se croisent les acteurs clés de la géopolitique régionale, à l’image du président syrien Ahmad al-Chareh et du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, dont les interventions alimentent les débats sur l’avenir de la zone.
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