Planète
La renaissance des coraux de Mayotte, un chantier de longue haleine

Un an après le passage du cyclone Chido, les récifs du lagon mahorais, sévèrement endommagés, amorcent une lente et fragile reconquête. Les scientifiques estiment qu’une décennie et demie sera nécessaire pour retrouver des écosystèmes comparables à ceux d’antan.
Le paysage sous-marin de Mayotte a été profondément altéré. Les observations menées par les équipes de recherche révèlent une mortalité corallienne très variable selon les sites, pouvant atteindre des niveaux critiques par endroits. Cette situation résulte de la conjonction d’épisodes de blanchissement antérieurs et de la puissance destructrice du phénomène météorologique survenu fin 2024. Le parc naturel marin évalue la perte globale à près des deux tiers des formations récifales.
Dans ce contexte, un programme scientifique dédié évalue la résilience de ces écosystèmes et teste des méthodes de restauration active. Le bouturage de coraux, expérimenté sur différentes structures, constitue l’une des pistes explorées. L’objectif est de définir des protocoles robustes et durables, susceptibles d’être déployés à plus grande échelle le cas échéant. Les premiers résultats sont contrastés. Si certains sites témoignent d’une absence quasi totale de reprise, d’autres offrent des signes encourageants de régénération naturelle, avec des colonies survivantes et de nouvelles pousses.
Les scientifiques utilisent des techniques avancées, comme la photogrammétrie, pour modéliser en trois dimensions la complexité structurelle des récifs. Cette architecture est essentielle, car elle détermine leur capacité à héberger une biodiversité marine et à atténuer l’énergie des vagues, un rôle de protection côtière crucial dont a bénéficié l’île lors du cyclone.
La communauté de recherche souligne que la réussite de toute opération de restauration est intrinsèquement liée à une réduction significative des pressions anthropiques sur le milieu marin. Cette exigence intervient alors que Mayotte nourrit l’ambition de faire classer son lagon au patrimoine mondial de l’Unesco. La régénération complète de ces écosystèmes, un processus naturel lent, est estimée nécessiter entre dix et quinze années, sous réserve de conditions environnementales favorables.

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