Économie
La présidente de France Télévisions face aux parlementaires sur la neutralité et les comptes


Devant une commission d’enquête parlementaire, Delphine Ernotte Cunci a défendu la ligne éditoriale et la gestion financière du groupe public, tout en reconnaissant la légitimité de certains débats.
La présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte Cunci, a été entendue pendant plusieurs heures par les membres d’une commission d’enquête parlementaire. Cette instance, créée à l’initiative de la majorité, se penche sur les questions de neutralité et de financement de l’audiovisuel public. L’audition s’est déroulée dans un climat de vif intérêt, le rapporteur ayant préparé une cinquantaine de questions sur des sujets qui font régulièrement polémique.
Interrogée sur l’impartialité des programmes, la dirigeante a réaffirmé que cette exigence était au cœur des missions du service public. Elle a souligné que le groupe, financé par l’ensemble des citoyens, se devait de s’adresser à tous les publics sans distinction. Elle a toutefois concédé que des controverses récentes avaient pu nourrir un questionnement légitime. En réponse aux critiques récurrentes de certains partis politiques concernant une prétendue partialité, elle a assuré que France Télévisions faisait preuve de transparence et veillait à l’équilibre des points de vue.
Concernant d’éventuels manquements, elle a reconnu que l’entreprise n’était pas infaillible, précisant que des procédures internes de sanction existaient. Elle a néanmoins défendu la rigueur et l’impartialité de l’information diffusée. Pour renforcer le cadre déontologique, une nouvelle direction transversale sera prochainement mise en place, avec l’objectif d’appliquer un même niveau d’exigence à tous les magazines d’information.
Sur le volet financier, Delphine Ernotte Cunci a mis en avant les efforts de rationalisation engagés depuis son arrivée à la tête du groupe. Elle a indiqué que, en euros constants, la contribution annuelle des Français avait été réduite de plusieurs centaines de millions d’euros. Face aux doutes exprimés par le rapporteur sur la sincérité des comptes, elle a prévenu que l’équilibre budgétaire pour 2026 nécessiterait une révision des missions de l’entreprise. Cette mise en garde fait écho à un récent rapport de la Cour des comptes pointant une situation financière tendue et appelant à des réformes structurelles.
Interpellée sur sa responsabilité personnelle dans la gestion du groupe, la présidente a renvoyé aux décisions de la tutelle étatique. Elle a adopté la même position concernant sa rémunération. Sur la question des frais de réception élevés enregistrés en 2020, elle a expliqué cette dépense par la nécessité d’assurer la restauration des équipes mobilisées en continu pendant la crise sanitaire.
Le président de la commission a rappelé en ouverture que cette audition n’avait pas vocation à être un procès. Le rapport final, attendu au printemps et non contraignant, devrait formuler des propositions, sans que le rapporteur ne se prononce pour l’instant sur l’éventualité d’une privatisation, une piste défendue par certaines formations politiques.





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