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La Nouvelle-Calédonie vote pour sortir du chaos ou rester dans l’impasse

Près de 200 000 électeurs calédoniens renouvellent leurs assemblées provinciales ce dimanche. Un scrutin décisif pour l’avenir institutionnel de…

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La Nouvelle-Calédonie vote pour sortir du chaos ou rester dans l’impasse

Près de 200 000 électeurs calédoniens renouvellent leurs assemblées provinciales ce dimanche. Un scrutin décisif pour l’avenir institutionnel de l’archipel, toujours meurtri par les émeutes de 2024.

Les Calédoniens ont commencé à voter ce dimanche pour les premières élections provinciales depuis 2019. Le scrutin doit redessiner les équilibres politiques de l’archipel, six ans après les précédentes urnes et un an après des violences qui ont secoué le territoire. En jeu, le renouvellement des assemblées des trois provinces, dont la province Sud, qui abrite près de trois quarts de la population et l’essentiel des activités économiques. C’est dans cette région que tout se joue. Quarante ans après les accords de Matignon Oudinot, qui avaient partagé le pouvoir entre un Sud loyaliste et des provinces Nord et îles Loyauté indépendantistes, la province Sud cristallise aujourd’hui les ambitions des deux camps.

Les loyalistes espèrent décrocher pour la première fois une majorité absolue au Congrès, sans devoir s’allier avec d’autres partis. La présidente sortante de la province Sud, Sonia Backès, mène une liste commune des deux principaux mouvements non indépendantistes. Pour elle, l’enjeu dépasse son fief. Ses alliés voient dans cette victoire potentielle une occasion unique et historique de mener des réformes fiscales, sociales et éducatives d’inspiration libérale. Face à eux, les indépendantistes veulent à tout prix empêcher ce grand chelem institutionnel. Ils espèrent transformer le vote en sanction contre la politique menée depuis les émeutes. Le président du FLNKS, Christian Tein, a multiplié les appels à la mobilisation, surtout chez les Kanaks, traditionnellement plus abstentionnistes. Il exhorte ses militants à convaincre le moindre jeune dans les quartiers populaires. Une troisième force, l’Éveil océanien, pourrait venir brouiller les cartes. Ce parti, créé pour représenter la communauté de Wallis et Futuna, se revendique ni indépendantiste ni loyaliste. Il pourrait capter les voix du centre.

Le scrutin repose sur un corps électoral gelé depuis 2007. Seuls les résidents installés avant 1998 et leurs descendants peuvent voter. C’est précisément une tentative d’élargir ce corps électoral qui avait déclenché les émeutes meurtrières de mai 2024. Quatorze morts et plus de deux milliards d’euros de dégâts plus tard, une loi organique a finalement intégré 10 575 natifs jusque là exclus. Le corps électoral est passé de 169 000 inscrits en 2019 à plus de 192 000 aujourd’hui. Malgré l’enjeu, le camp indépendantiste aborde le scrutin fracturé. Un accord signé en juillet 2025 avec l’État, dit de Bougival, prévoyait un État de Nouvelle Calédonie dans la Constitution mais n’a jamais été appliqué. Enterré depuis, il a laissé des traces profondes. L’Union nationale pour l’indépendance, favorable à l’accord, a quitté le FLNKS, dominé par l’Union calédonienne qui l’avait rejeté. Cette division se ressent jusque dans la province Nord, fief historique des indépendantistes. Si ceux ci sont assurés de l’emporter, l’ordre des forces pourrait être chamboulé entre trois listes rivales.

Plus de deux ans après les violences, le vote se déroule sous haute surveillance. Environ 2 400 membres des forces de l’ordre, dont plus d’un millier de gendarmes mobiles, sont déployés sur l’archipel jusqu’à la mi juillet. Les bureaux de vote ont ouvert jusqu’à 18 heures. Ce scrutin sert de test avant la reprise des négociations institutionnelles promises par le Premier ministre dès juillet, avec un objectif d’accord avant la fin de l’année. Mais les positions restent éloignées. Le FLNKS réclame un nouveau cycle de discussions, tandis qu’une partie des loyalistes juge que les principaux compromis ont déjà été trouvés. Faute d’accord, le dossier pourrait être rattrapé par la présidentielle française de 2027. Le président de l’Éveil océanien a lancé un avertissement clair. Il redoute que le territoire reste dans la boue.

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