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En Asie, la flambée du plastique asphyxie les petits commerçants

Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, le prix des sacs et barquettes en plastique a bondi de 30 à 60%. Vendeurs de rue et clients doivent trouver…

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En Asie, la flambée du plastique asphyxie les petits commerçants

Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, le prix des sacs et barquettes en plastique a bondi de 30 à 60%. Vendeurs de rue et clients doivent trouver des parades, entre hausses de coûts et début de changement des habitudes.

À Taipei, Li Yu-ping vend du poulet sur un marché. En quelques mois, elle a vu le prix de ses sacs plastique grimper de près de 60% et celui des barquettes augmenter d’un tiers. Comme elle, des milliers de commerçants en Asie dépendent de ces emballages jetables pour emballer fruits, légumes ou plats à emporter. À Bangkok, un vendeur de légumes ambulant estime que ses frais d’exploitation ont bondi de 30%. Ses bénéfices fondent mais il n’ose pas augmenter ses prix, par peur de perdre sa clientèle. Une épicière de 78 ans à Taipei résume le dilemme. Sans sac plastique, dit-elle, les clients se plaignent. Pourtant, certains commerçants voient un point positif. Les gens commencent à utiliser davantage de sacs réutilisables.

Cette flambée a une cause précise. Le plastique est fabriqué à partir de naphta, un produit issu du raffinage du pétrole. L’Asie importe près de 60% de son naphta du Golfe. Or la fermeture du détroit d’Ormuz pendant le conflit a coupé une grande partie de ces approvisionnements. Les groupes pétrochimiques sud-coréens et japonais ont dû réduire leur production, ce qui a fait exploser le prix des sacs et barquettes. À Taïwan, l’industriel Formosa Petrochemical a abaissé le taux d’utilisation de son vapocraqueur d’éthylène à 35% en juin, contre 53% en mars. Le problème ne vient pas seulement d’une pénurie de matières premières. Leur coût est devenu si élevé que certains clients ne peuvent plus les acheter.

Face à cette crise, les commerçants cherchent des alternatives sans grande conviction. Un vendeur de porridge à Bangkok soupire. Tout est plus cher mais il ne voit rien d’autre d’aussi pratique que les sacs plastique pour ses clients. Les industriels, eux, tentent de diversifier leurs sources d’approvisionnement. Ils importent désormais du naphta des États-Unis, d’Algérie, d’Europe ou de Russie. Cela coûte plus cher mais permet d’éviter les pénuries et les achats paniques. En Indonésie, cette diversification a même fait baisser les prix locaux du plastique. Aux Philippines, les industriels assurent avoir absorbé une partie des surcoûts pour ne pas submerger leurs clients. Leurs marges ont fondu mais les hausses de prix sont restées prudentes. La normalisation des flux physiques, après l’accord entre l’Iran et les États-Unis, prendra du temps. Les cours du naphta n’ont que légèrement fléchi. Pour l’instant, les commerçants continuent de serrer les dents.

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