Société
La Nouvelle-Calédonie engagée dans une consultation préalable à la réforme constitutionnelle

Le gouvernement organise une consultation citoyenne avant l’examen parlementaire de l’accord de Bougival, dans un contexte de divisions au sein du camp indépendantiste.
La ministre des Outre-mer a annoncé le lancement d’une consultation populaire en Nouvelle-Calédonie, qui interviendra avant l’examen du projet de révision constitutionnelle destiné à entériner l’accord de Bougival. Cette démarche, initialement prévue après l’adoption du texte constitutionnel, sera donc avancée et devrait se dérouler au mois de février. La ministre a souligné que cette consultation donnerait davantage de poids aux discussions institutionnelles en cours.
L’annonce ministérielle survient dans un paysage politique local marqué par des dissensions persistantes. Le Front de libération nationale kanak et socialiste, principale formation indépendantiste, maintient son opposition ferme à l’accord de Bougival qu’il juge incompatible avec le processus de décolonisation. Cette position s’inscrit dans un contexte de fragmentation au sein du camp indépendantiste, où le Parti de libération kanak a récemment acté son départ définitif du FLNKS. Le Palika reprochait notamment à la direction du Front d’intégrer la Cellule de coordination des actions de terrain, qu’il considérait comme impliquée dans les violences survenues l’année précédente.
Plusieurs responsables politiques non indépendantistes ont salué l’initiative gouvernementale, y voyant une opportunité pour les Calédoniens de se prononcer directement sur l’avenir institutionnel de leur territoire. Toutefois, des réserves ont été émises par d’autres formations, qui estiment qu’une consultation ne saurait se substituer à la recherche préalable d’un consensus entre toutes les forces politiques. Ces voix mettent en garde contre les risques d’instabilité que pourrait engendrer une adoption du texte sans l’accord du FLNKS.
Parallèlement aux discussions institutionnelles, la question économique reste préoccupante. Les autorités locales attendaient des annonces concernant le plan de relance, alors que le territoire connaît des difficultés financières importantes. La ministre a cependant indiqué que la transformation d’une partie du prêt garanti par l’État en subvention n’était pas envisagée à ce stade, alors que le niveau d’endettement de la Nouvelle-Calédonie atteint des proportions critiques selon les responsables locaux.
Le gouvernement affirme poursuivre ses efforts pour maintenir le dialogue avec l’ensemble des acteurs politiques, tout en maintenant son calendrier institutionnel. La ministre a réaffirmé sa volonté de travailler avec le FLNKS, tout en précisant que cette collaboration devait s’inscrire dans une démarche inclusive avec les autres forces politiques calédoniennes.

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