Monde
La fête de Pourim se réfugie dans les sous-sols de Tel-Aviv

Alors que les sirènes retentissent, la célébration traditionnelle a trouvé un cadre inédit au cœur d’un parking transformé en abri, illustrant la résilience d’une population en état d’alerte.
Dans le centre de Tel-Aviv, les festivités de Pourim ont pris une tournure singulière cette année. Au coucher du soleil, alors que débutait la fête juive, une alerte aérienne a contraint de nombreux habitants à gagner les abris souterrains. C’est ainsi que, dans les niveaux inférieurs d’un vaste parking commercial, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées, parées de costumes colorés, pour observer la tradition en dépit du contexte sécuritaire.
Les autorités ayant interdit tout rassemblement public, cette célébration improvisée sous terre est devenue le symbole d’une adaptation forcée. Pourim commémore le sauvetage du peuple juif relaté dans le Livre d’Esther, un récit dont la résonance apparaît aujourd’hui particulière à beaucoup. Les participants, parmi lesquels des cow-boys, des personnages de fiction ou une hôtesse de l’air arborant une destination improbable, ont écouté la lecture du rouleau sacré. À chaque mention du nom du persécuteur Haman, les crécelles ont grésillé, perpétuant un rituel ancestral au milieu des places de stationnement vidées de leurs véhicules.
Pour certains, cet espace souterrain est devenu plus qu’un refuge temporaire. Des familles y ont établi un campement sommaire, préférant y passer la nuit pour éviter les descentes précipitées lors des alertes nocturnes. Autour d’un coin thé aménagé à même le sol, des conversations s’échangent, ponctuées par des réflexions sur l’actualité. L’atmosphère, à la fois recueillie et déterminée, traduit une forme de résignation active face à une situation prolongée.
D’autres abris de la ville ont également accueilli des lectures du texte biblique, tandis que certaines communautés religieuses ont opté pour des retransmissions en ligne, cherchant à concilier impératifs de sécurité et obligations cultuelles. Cette dispersion des célébrations reflète l’effort collectif pour maintenir une normalité culturelle et spirituelle. L’événement, bien que contraint par les circonstances, a permis à de nombreux participants de trouver un réconfort symbolique, en puisant dans le récit historique de la délivrance un écho à leurs préoccupations contemporaines.

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