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La diaspora tamoule de Paris réclame justice pour les victimes de la guerre au Sri Lanka

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Plus d’un millier de membres de la communauté tamoule se sont rassemblés dans la capitale française pour exiger la reconnaissance des crimes commis contre leur peuple, dix-sept ans après la fin du conflit.

Vêtus de noir et portant des étendards rouges ornés du tigre jaune du Tamil Eelam, les participants ont défilé de la place de la Bastille jusqu’à celle de la République. Cette marche visait à commémorer le massacre de Mullivaikkal, un village du nord de l’île où la guerre civile, débutée en 1983, s’est achevée en mai 2009 par une offensive meurtrière. Selon les estimations des Nations unies, environ quarante mille civils tamouls, une minorité ethnique du Sri Lanka, auraient péri dans ces combats.

Nindulan Navaneethan, représentant de la Confédération des comités tamouls de France, organisatrice de l’événement, a souligné l’importance de ce rassemblement tant que la justice n’a pas été rendue. Parmi les manifestants, Niraimathy Sritharan, quarante-huit ans, originaire de Kilinochchi, a partagé son témoignage. Arrivée en France en 2004 après avoir été blessée à la jambe lors des bombardements de l’armée sri-lankaise, elle a confié que ces souvenirs restent vivaces, quel que soit le lieu de naissance.

Sur la place de la République, des proches de victimes et des élus français ont déposé une rose devant une réplique d’un monument aux morts tamouls. Stéphane Troussel, président socialiste du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, a appelé à nommer sans ambiguïté ce qu’il considère comme un génocide tamoul, rappelant le soutien fraternel de son département à cette quête de reconnaissance et de justice. Banuja Baskaran, élue de Bondy d’origine tamoule, a exhorté le gouvernement français à suivre l’exemple d’autres démocraties en reconnaissant officiellement le génocide tamoul.

La communauté tamoule demande également la mise en place d’une enquête internationale indépendante et la reconnaissance du droit à l’autodétermination pour les Tamouls, conformément au droit international. Le conflit, qui a opposé de juillet 1983 à mai 2009 le gouvernement sri-lankais dominé par l’ethnie cinghalaise aux rebelles séparatistes tamouls, aurait fait cent mille morts selon l’ONU.

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a exhorté le président sri-lankais Anura Kumara Dissanyake, élu en 2024, à traiter la question de l’impunité. Les gouvernements successifs à Colombo ont toujours nié les accusations selon lesquelles l’armée aurait tué au moins quarante mille civils tamouls dans les derniers mois du conflit et ont résisté aux appels internationaux en faveur d’enquêtes indépendantes.

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