Économie
Quatre morts lors des heurts au Kenya pendant la grève contre le prix des carburants

Les forces de l’ordre kényanes ont été accusées d’avoir fait usage de force létale lors d’une journée de mobilisation nationale contre la flambée des prix à la pompe.
Au Kenya, une journée de protestation contre la nouvelle augmentation du prix des carburants a viré à l’affrontement lundi, faisant quatre victimes. Le ministre de l’Intérieur, Kipchumba Murkomen, a confirmé ces décès en soirée, sans toutefois préciser les circonstances exactes des tirs. Il a évoqué plus de trente blessés et imputé les violences à des « politiciens voyous » qui auraient instrumentalisé des criminels pour s’en prendre aux biens publics et privés.
La grève, massive, était portée par les acteurs du transport public et routier, des VTC aux livreurs, qui entendaient paralyser la circulation. Le mouvement faisait suite à une hausse de 23,5% du prix du diesel, décidée le 14 mai. Depuis le début des tensions au Moyen-Orient, le gouvernement kényan a augmenté le prix de l’essence de 20% et celui du diesel de 45,8%. Dans la capitale Nairobi, des milliers de travailleurs ont dû parcourir plusieurs kilomètres à pied, faute de matatu, ces bus et minibus privés qui assurent l’essentiel des transports publics.
Des manifestants ont bloqué une voie rapide avec des barricades et des feux, scandant des slogans hostiles au président William Ruto. Des heurts sporadiques ont éclaté avec les forces de l’ordre. Le quotidien The Standard a rapporté des affrontements mortels à Kiambu, en périphérie de Nairobi, et à Kakamega, dans l’ouest du pays. L’ONG locale Vocal Africa a accusé la police d’avoir utilisé une « force létale » contre les manifestants.
Le ministre des Finances, John Mbadi, a qualifié la grève d’injustifiée, affirmant que l’exécutif avait déjà dépensé des centaines de millions d’euros pour atténuer l’impact de la hausse du brut sur les consommateurs, dans un contexte budgétaire tendu. Les critiques soulignent pourtant que le gouvernement pourrait réduire les taxes élevées qui pèsent sur les carburants, même si celles-ci représentent une part importante des recettes de l’État.
L’économiste kényan XN Iraki a estimé qu’une journée de blocage comme celle de lundi coûterait environ 335,5 millions d’euros à l’économie nationale. « Le prix du carburant a atteint un niveau insoutenable, avec des répercussions sur l’ensemble de l’économie », a-t-il résumé, appelant le gouvernement à atténuer le choc pour les citoyens.

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