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Société

Rodéos motorisés : le Sénat examine un texte pour durcir les sanctions

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Le projet de loi Ripost, présenté ce lundi par le ministre de l’Intérieur, prévoit un renforcement des peines contre les rodéos urbains et autres troubles à l’ordre public.

Ce texte, dont l’acronyme signifie « réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité », cible plusieurs pratiques jugées problématiques. Parmi elles figurent les free-parties, l’usage du protoxyde d’azote, les tirs de mortiers d’artifice, les violences dans les enceintes sportives, et surtout les rodéos motorisés. Ces derniers, considérés comme un délit depuis 2018, suscitent une inquiétude croissante, tant dans les zones urbaines que rurales.

Selon des informations rapportées par plusieurs médias, le phénomène ne cesse de s’étendre. En 2025, les forces de l’ordre ont recensé 4 724 rodéos, un chiffre record. Les sanctions actuelles prévoient un an d’emprisonnement, 15 000 euros d’amende et un retrait de six points sur le permis de conduire. Mais le nouveau projet de loi entend alourdir ces peines. Les organisateurs pourraient désormais encourir jusqu’à trois ans de prison et 75 000 euros d’amende, tandis que les simples participants risquent une contravention de 800 euros, ainsi que la saisie et la destruction de leur véhicule.

Dans un reportage diffusé par une chaîne nationale, des conducteurs de deux-roues, filmés dans une zone industrielle de la région parisienne, défendent leur pratique. « Il n’y a pas d’habitation, il n’y a rien, on ne dérange vraiment personne », affirment-ils, avant d’ajouter : « Je ne vois pas ce qu’il y a d’illégal. » Pourtant, les élus locaux tirent la sonnette d’alarme. Christophe Dietrich, maire de Laigneville dans l’Oise, témoigne des risques encourus. « On a des jeunes qui sont sans casque, sans protection, avec des motos hyperpuissantes. Et à côté de ça, on a tous ces gamins, qui sont au stade, et qui, eux, sont en capacité de pouvoir sortir à n’importe quel moment et de se prendre une moto », explique-t-il.

Le mois dernier, cet élu a sollicité l’intervention du préfet pour organiser une vaste opération de contrôle. Un hélicoptère et un drone ont été déployés, permettant la saisie de quatre motos. Mais Christophe Dietrich reste prudent : « Ça ne peut marcher que si on tient dans la durée. » Reste à savoir si les moyens prévus par le projet de loi Ripost seront à la hauteur des attentes des élus et des forces de l’ordre.

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