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Société

Hantavirus : une ministre face à son premier test sanitaire

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Nommée depuis six mois, Stéphanie Rist se trouve confrontée à une crise épidémique inédite. Sa gestion de l’hantavirus est scrutée de près.

Jusqu’alors discrète sur le devant de la scène médiatique, la ministre de la Santé est propulsée sous les projecteurs par l’irruption de l’hantavirus. Cette infection, qui a déjà coûté la vie à une passagère néerlandaise d’un navire de croisière, place Stéphanie Rist face à la première urgence sanitaire majeure de son mandat. Le médecin Christian Lehmann, observateur avisé des politiques de santé, reconnaît que la communication de la ministre est jugée correcte et sans maladresse, un exercice qu’il estime plutôt bien maîtrisé.

Ancienne rhumatologue et députée du Loiret, Stéphanie Rist était jusqu’ici davantage connue pour ses travaux sur l’organisation du système de soins, notamment le plafonnement de la rémunération des médecins intérimaires ou le renforcement des compétences des infirmières en pratique avancée. Elle avait également géré des dossiers sociaux comme le budget de la Sécurité sociale ou la colère des médecins libéraux. Mais la crise de l’hantavirus, avec la contamination d’une Française dans un état grave et l’hospitalisation d’une vingtaine de cas contacts, a bouleversé son quotidien, la contraignant à annuler plusieurs déplacements.

L’épidémiologiste suisse Antoine Flahault, qui a participé à une conférence de presse aux côtés de la ministre, salue la qualité des échanges. Il souligne que Stéphanie Rist, en tant que médecin, possède une compétence scientifique précieuse pour dialoguer avec les experts. Il note qu’elle a su leur laisser une large place lors des annonces publiques, une attitude qu’il juge remarquable.

Cependant, les décisions les plus importantes, comme la mise en place d’un protocole de confinement strict pour les cas contacts, sont venues du Premier ministre Sébastien Lecornu. Cette situation a nourri l’impression, chez certains observateurs, d’une ministre aux marges de manœuvre limitées. Christian Lehmann estime que c’est le chef du gouvernement qui a pris les rênes de la gestion de la crise, adoptant une ligne rigoureuse pour éviter une escalade similaire à celle des débuts du Covid. Pour lui, Stéphanie Rist semble jouer un rôle d’exécutante, un constat qui s’inscrit dans une succession de ministres de la Santé au sein de la majorité, dont les mandats n’ont pas marqué les esprits par leur gestion de l’effondrement du système de santé.

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