Monde
Le Brexit ravive les fractures au sein du Parti travailliste britannique
La question européenne refait surface dans la tourmente politique qui secoue le Labour, alors que les ambitions de succession de Keir Starmer s’aiguisent.
Près d’une décennie après le référendum qui a profondément divisé le Royaume-Uni, l’avenir des liens avec l’Union européenne demeure un sujet sensible. La déclaration récente d’un prétendant potentiel à la direction du Parti travailliste, appelant à une réintégration du pays dans l’UE, a relancé les tensions. Ce nouvel épisode intervient alors que le gouvernement de Keir Starmer, affaibli par une défaite électorale aux élections locales de mai, fait face à une contestation interne croissante.
L’ancien ministre de la Santé, Wes Streeting, a jeté un pavé dans la mare en affirmant lors d’une conférence à Londres que le Brexit constituait une erreur majeure et que le Royaume-Uni devait, à terme, retrouver sa place au sein de l’Union. Pour lui, une nouvelle relation privilégiée avec l’Europe est indispensable. Ses propos ont immédiatement enflammé la classe politique et les médias britanniques, certains titres conservateurs dénonçant une trahison. La cheffe de l’opposition conservatrice, Kemi Badenoch, a estimé que rouvrir ce débat, pourtant clos, trahissait l’absence de vision du Parti travailliste pour le pays.
Cette intervention est toutefois perçue comme une manœuvre visant à fragiliser un autre concurrent de Keir Starmer, le maire du Grand Manchester Andy Burnham, connu pour ses positions pro-européennes. Ce dernier se prépare à une élection partielle difficile dans une circonscription ayant massivement voté pour la sortie de l’UE, où le parti anti-immigration Reform UK, mené par Nigel Farage, constitue son principal adversaire. Ses alliés ont dénoncé une tentative de sabotage. Nigel Farage a lui-même exploité l’occasion, suggérant que la position d’Andy Burnham sur le Brexit soulevait des interrogations légitimes, notamment sur le contrôle des frontières.
Andy Burnham a précisé que, bien qu’il estime qu’un retour dans l’UE se justifie à long terme, il ne fera pas de cette question un thème central de sa campagne électorale. De son côté, le vice-Premier ministre David Lammy a réitéré son soutien à Keir Starmer, rappelant les lignes rouges fixées par le gouvernement travailliste, à savoir l’exclusion d’un retour au marché unique, à l’union douanière ou à la liberté de mouvement. Le Royaume-Uni et l’Union européenne doivent tenir leur deuxième sommet bilatéral au début de l’été, après celui de mai 2025 qui avait abouti à un nouveau partenariat stratégique, incluant une coopération renforcée en matière de défense et de sécurité, ainsi qu’un allègement des contraintes commerciales. Londres prévoit également de réintégrer le programme d’échanges universitaires Erasmus dès 2027.
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