Monde
Trump lance la chasse aux traîtres dans les primaires républicaines


Le président américain orchestre une campagne de représailles systématiques contre les élus de son propre camp jugés déloyaux, alors que sa popularité vacille et que les élections de mi-mandat approchent.
À l’approche des primaires pour les élections de mi-mandat, Donald Trump a engagé une offensive méthodique contre des figures républicaines qu’il accuse de manquer de loyauté. Le milliardaire, dont la cote de popularité a chuté à son plus bas niveau depuis son retour à la Maison Blanche, entend démontrer qu’il demeure l’arbitre incontesté du Parti républicain, même si les sondages lui sont défavorables. Il ne tolère aucun écart et punit ceux qui s’écartent de sa ligne.
L’attention se porte notamment sur le Kentucky, où le président tente d’empêcher le député conservateur Thomas Massie d’obtenir l’investiture républicaine pour novembre. Ce dernier, élu depuis 2012, a irrité la Maison Blanche par son indépendance. Il a notamment cosigné une loi contraignant l’administration Trump à divulguer des documents liés à l’affaire Epstein et proposé une résolution pour mettre fin à la guerre contre l’Iran. Donald Trump l’a qualifié de « parlementaire de bas étage » et de « faux républicain faible et pathétique », appelant à son éviction.
Pour faire pencher la balance, le président a dépêché dans le Kentucky son ministre de la Défense, Pete Hegseth, pour soutenir l’adversaire de Massie, Ed Gallrein. Une intervention inhabituelle pour un membre du cabinet en exercice. Selon les médias américains, plus de trente millions de dollars ont été injectés dans cette campagne, un montant record pour une primaire. Thomas Massie a dénoncé l’influence de groupes extérieurs, notamment des organisations pro-Israël comme l’AIPAC, qui auraient investi massivement pour le faire battre, en raison de son opposition aux aides financières américaines à Israël. « Je suis en tête dans les sondages, et ils sont désespérés », a-t-il affirmé, tout en reconnaissant que l’issue reste incertaine.
Les résultats de cette primaire seront scrutés de près au sein d’un Parti républicain qui doit composer avec l’ombre de Trump, tout en préparant l’après-Trump. Ces dernières semaines, plusieurs scrutins ont montré que l’influence du président et sa capacité à mobiliser sa base restent intactes. Dans l’Indiana, il a réussi à faire perdre la plupart des élus républicains locaux qui avaient rejeté ses exigences de redécoupage électoral. En Louisiane, le sénateur Bill Cassidy a appris à ses dépens qu’une trahison peut poursuivre un élu pendant des années. Après avoir voté pour la destitution de Trump en 2021, il a subi une campagne de représailles implacable. Samedi, il n’a même pas réussi à se qualifier pour le second tour des primaires, un camouflet pour un sortant.
La leçon est limpide, comme l’a résumé le sénateur Lindsey Graham : « Ceux qui essaient de détruire Trump politiquement, ou qui entravent son programme, perdront. Vous pouvez être en désaccord avec lui, mais si vous tentez de le détruire, vous perdrez, car ce parti est celui de Donald Trump. »





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