Monde
La Paz sous tension : heurts violents entre police et manifestants réclamant la chute du président
La capitale bolivienne vit au rythme des affrontements et des blocages, alors que la colère gronde contre la gestion de la pire crise économique du pays depuis quarante ans.
Des accrochages violents ont secoué lundi les rues de La Paz, où les forces de l’ordre ont affronté des manifestants réclamant le départ du président centriste Rodrigo Paz. La ville, presque entièrement paralysée par des barrages routiers installés depuis plus de deux semaines, subit une pénurie croissante de carburant, de denrées alimentaires et de médicaments.
À peine six mois après son entrée en fonction, le chef de l’État fait face à une contestation grandissante émanant de paysans, d’ouvriers, de mineurs et d’enseignants. Tous dénoncent une dégradation économique sans précédent depuis les années 1980. Un groupe de mineurs a tenté de forcer l’entrée de la place Murillo, siège du palais présidentiel et du Parlement, mais a été repoussé par des tirs de gaz lacrymogènes. Les manifestants ont répliqué en lançant des explosifs artisanaux et des projectiles.
Aucun blessé ni arrestation n’a été signalé dans l’immédiat par les autorités. Dans le centre de la capitale, des milliers de personnes ont défilé au bruit des détonations et des slogans hostiles au gouvernement, tandis que la plupart des commerces restaient fermés. « Nous voulons qu’il démissionne, car il est incapable. La Bolivie vit un moment de chaos », a confié un paysan aymara de 60 ans.
Des sympathisants de l’ancien président socialiste Evo Morales, au pouvoir de 2006 à 2019, sont également arrivés lundi à La Paz après une marche de sept jours depuis le département d’Oruro, réclamant eux aussi le départ de Rodrigo Paz. Samedi, policiers et militaires étaient parvenus à rouvrir temporairement plusieurs accès à la ville après des affrontements, mais les manifestants ont rapidement repris le contrôle de nombreux points de blocage.
Le vice-ministre de l’Intérieur et de la Police, Hernan Paredes, a indiqué lundi qu’un manifestant avait trouvé la mort lors de ces affrontements en tombant dans un fossé. L’agence publique des routes recensait au moins vingt-huit barrages sur le réseau national.
La Bolivie traverse actuellement sa plus grave crise économique depuis quatre décennies. Les réserves de dollars, utilisées pour financer les subventions aux carburants, sont épuisées. Ces subventions ont été supprimées en décembre dernier, et l’inflation sur un an a atteint 14 % au mois d’avril.
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