Culture
Joaquin Phoenix incarne un shérif déchiré dans « Eddington », un western moderne qui explore les fractures américaines

Dans ce néo-western satirique, Ari Aster dépeint une Amérique en crise, où les tensions politiques et sociales atteignent leur paroxysme.
Joaquin Phoenix endosse le rôle d’un shérif conservateur dans « Eddington », un film qui plonge au cœur des divisions qui secouent les États-Unis. Réalisé par Ari Aster, connu pour ses œuvres anxiogènes comme « Hérédité » et « Midsommar », ce long-métrage de près de deux heures et demie offre une vision cinglante d’une société en pleine déliquescence.
L’intrigue se déroule dans une petite ville du Nouveau-Mexique, en pleine pandémie de Covid-19. Le personnage de Phoenix, farouchement opposé aux mesures sanitaires, s’oppose au maire progressiste incarné par Pedro Pascal, qui tente d’imposer des restrictions tout en rêvant de moderniser la localité. Le conflit entre les deux hommes symbolise les clivages idéologiques qui déchirent le pays.
Ari Aster s’est inspiré de ses rencontres avec des shérifs locaux pour façonner son protagoniste, un homme aux convictions conservatrices mais doté d’un sens moral ambigu. Le réalisateur explore avec une ironie mordante les dérives d’une époque où la vérité devient relative, nourrie par les théories du complot et la désinformation. Les thèmes de la violence, du racisme et de l’isolement social sont abordés sans concession, reflétant l’atmosphère explosive des années post-George Floyd.
Le casting prestigieux réunit également Emma Stone, qui incarne l’épouse du shérif, tombée sous l’emprise d’un gourou conspirationniste. À travers ces personnages, Aster brosse un portrait sans complaisance d’une nation au bord de l’implosion, où même les militants progressistes ne sont pas épargnés par la satire.
Tourné avant le retour de Donald Trump sur la scène politique, « Eddington » se veut une réflexion sur l’effondrement des certitudes et la montée des extrêmes. Avec son esthétique violente et son ton provocateur, le film confirme le talent d’Ari Aster pour capturer les angoisses contemporaines, tout en offrant une critique acerbe des démons de l’Amérique.

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