Monde
Israël suspend l’aide humanitaire pour Gaza, le Hamas dénonce une violation de l’accord de trêve


La décision israélienne de bloquer l’aide humanitaire dans la bande de Gaza suscite une vive réaction du Hamas, qui dénonce une rupture de l’accord de cessez-le-feu. Les tensions montent alors que les négociations pour une paix durable semblent au point mort.
Israël a annoncé, dimanche 2 mars, la suspension de l’acheminement de l’aide humanitaire vers la bande de Gaza. Cette décision intervient dans un contexte de désaccord profond entre Israël et le Hamas sur la suite à donner à l’accord de trêve entré en vigueur le 19 janvier. Le mouvement islamiste palestinien a immédiatement qualifié cette mesure de « crime de guerre » et de violation flagrante des engagements pris.
La première phase de la trêve, médiée par le Qatar, l’Égypte et les États-Unis, a expiré sans qu’un consensus ne soit trouvé pour la suite. Israël a proposé une prolongation de la trêve jusqu’à la mi-avril, couvrant ainsi la période du ramadan et de la Pâque juive. Cette proposition prévoyait également la libération progressive des otages encore détenus à Gaza, en échange d’un cessez-le-feu permanent. Cependant, le Hamas a rejeté cette offre, exigeant le passage immédiat à la deuxième phase de l’accord initial, qui prévoit le retrait des troupes israéliennes de Gaza.
Le bureau du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a justifié la suspension de l’aide humanitaire par le refus du Hamas d’accepter le cadre de négociations proposé. « Israël n’acceptera pas de cessez-le-feu sans la libération de nos otages », a-t-il déclaré, avertissant que d’autres mesures pourraient suivre si le Hamas persistait dans son intransigeance. Cette décision prive Gaza d’une aide vitale, alors que le territoire, déjà ravagé par des mois de conflit, est confronté à une crise humanitaire sans précédent.
Les habitants de Gaza, épuisés par des années de conflit, expriment leur désespoir. « Cette aide était notre seule bouée de sauvetage », déplore Mohamed Al-Jaroucha, un résident de Gaza-ville. Abou Mohamed Al-Basyouni, un autre habitant, ajoute : « Nous avons le droit de vivre en paix. Ça suffit avec les guerres. »
L’accord initial, arraché après des mois de négociations, prévoyait trois phases de 42 jours chacune. La première phase a permis la libération de 25 otages et la restitution des corps de huit autres, en échange de la libération d’environ 1 800 prisonniers palestiniens. La deuxième phase, encore hypothétique, devait aboutir à la libération des derniers otages et à un retrait partiel des troupes israéliennes. La troisième phase était consacrée à la reconstruction de Gaza, un chantier colossal.
Cependant, les négociations sont dans l’impasse. Le Hamas refuse de discuter d’autre chose que de la deuxième phase, tandis qu’Israël exige la démilitarisation totale de Gaza et l’élimination du Hamas. Ce blocage fait craindre une reprise des hostilités, ce que l’ONU qualifierait de « catastrophique ».
Dimanche, le ministère de la Santé gazaoui a annoncé la mort de quatre personnes dans des frappes israéliennes. L’armée israélienne a affirmé avoir ciblé des « suspects » manipulant un engin explosif dans le nord de Gaza. La Croix-Rouge a appelé à maintenir le cessez-le-feu, soulignant l’urgence de préserver les vies civiles.
La bande de Gaza, territoire exigu et densément peuplé, reste plongée dans une crise humanitaire majeure. Les 2,4 millions d’habitants, majoritairement déplacés, dépendent largement de l’aide internationale. En Israël, l’attaque du 7 octobre 2023, qui a fait 1 218 morts et conduit à la capture de 251 otages, reste un traumatisme national. Le Hamas a réaffirmé dimanche qu’Israël portait la « responsabilité » du sort des otages, accentuant la pression sur le gouvernement Netanyahu.
Alors que les négociations patinent, la communauté internationale est appelée à jouer un rôle clé pour éviter une escalade destructrice. La situation reste explosive, avec des conséquences potentiellement désastreuses pour les populations civiles des deux côtés.





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