Monde
Hong Kong se mobilise pour protéger ses cacatoès soufrés en péril


Une initiative originale installe des nichoirs artificiels afin de préserver cette espèce menacée, devenue symbole de la biodiversité urbaine.
Au cœur de l’effervescence de Hong Kong, une bataille discrète se joue pour sauver les cacatoès soufrés, dont la population locale constitue l’un des derniers bastions. Importés à l’origine comme animaux de compagnie depuis l’Indonésie et le Timor oriental, ces oiseaux au plumage blanc et à la crête jaune ont élu domicile dans les parcs de la ville après s’être échappés de captivité. Aujourd’hui, leurs 150 individus représentent près de 10 % de la population mondiale de cette sous-espèce rare, selon les experts.
Pourtant, leur survie est compromise par la raréfaction des cavités naturelles dans les arbres, essentielles à leur reproduction. Près de 80 % de ces abris ont disparu en raison de l’élagage intensif et des dommages causés aux végétaux. Pour pallier ce problème, un projet innovant a été lancé, consistant à installer une cinquantaine de nichoirs artificiels équipés de caméras. Ces dispositifs permettent d’étudier les comportements reproductifs de ces psittacidés, encore mal connus.
Si les cacatoès soufrés font désormais partie du paysage sonore et visuel de Hong Kong, beaucoup d’habitants ignorent leur statut d’espèce menacée. Confondus avec des perruches ou des cacatoès australiens plus communs, ils passent souvent inaperçus. Pourtant, leur présence en ville revêt une importance capitale. Les parcs, riches en arbres fruitiers, leur offrent un refuge, tandis que les immeubles et les réverbères deviennent des postes d’observation insolites.
Malgré leur adaptation à l’environnement urbain, ces oiseaux restent la cible d’un trafic illégal. Bien que protégés, ils sont vendus clandestinement à des prix exorbitants sur le marché noir, alimenté par des captures illicites. Des tests génétiques et alimentaires ont été développés pour identifier les spécimens sauvages et lutter contre ce commerce.
Hong Kong pourrait ainsi jouer un rôle décisif dans la préservation de l’espèce, en servant de réservoir génétique pour des populations décimées dans leur habitat d’origine. Alors que le braconnage et la destruction des forêts tropicales menacent leur survie en Indonésie, la mégalopole incarne paradoxalement un espoir pour ces oiseaux emblématiques.





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