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Hélicoptères américains à Caracas : un exercice militaire qui divise

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Des Vénézuéliens, partagés entre étonnement et méfiance, ont observé samedi l’atterrissage d’appareils militaires américains sur le terrain de l’ambassade des États-Unis, dans le cadre d’une manœuvre d’évacuation sans précédent depuis la reprise des relations diplomatiques.

Cinq mois après l’arrestation du président Nicolás Maduro par les forces américaines, le ciel de Caracas a résonné du bruit des rotors des MV-22B Osprey. Ces aéronefs, capables de décoller et d’atterrir à la verticale, se sont posés dans l’enceinte de la représentation diplomatique américaine, située dans un quartier huppé de l’est de la capitale. Des dizaines de riverains et de curieux se sont rassemblés sur un belvédère pour assister à la scène, appareils photo en main.

L’un de ces appareils transportait le général Francis Donovan, chef du commandement militaire américain pour l’Amérique latine et les Caraïbes. Ce dernier effectuait sa deuxième visite officielle dans le pays depuis le rétablissement des liens bilatéraux en mars dernier. Selon le Southcom, il a participé à des entretiens avec les autorités intérimaires, rencontré le personnel de l’ambassade et supervisé un exercice conjoint de réponse militaire.

Pour les habitants, ce déploiement aérien évoquait un passé récent douloureux. Le 3 janvier, des bombardements américains avaient visé plusieurs points de la capitale et ses environs, faisant près d’une centaine de victimes, dont des civils. Mais cette fois, l’atmosphère était différente. « En 56 ans, c’est la première fois que je vois cela », confie Franco Di Prada, un résident du quartier. Augusto Perez, ingénieur à la retraite, ajoute : « Je veux voir comment ils atterrissent. »

L’ambassade américaine a présenté cette opération comme un exercice destiné à garantir une capacité de réaction rapide, tant au Venezuela que dans le reste du monde. Le gouvernement intérimaire, dirigé par Delcy Rodríguez, avait autorisé cette manœuvre jeudi, suscitant l’indignation d’une partie des militants pro-pouvoir.

Dans l’ouest de Caracas, une poignée de manifestants ont déployé un drapeau vénézuélien frappé du slogan « Non à l’exercice yankee ». Rita Gonzalez, interprète de 28 ans, dénonce une ingérence militaire, tout en reconnaissant la fragilité de la position de son gouvernement. « Malheureusement, notre gouvernement a un pistolet sur la tempe, il ne faut pas oublier qu’ils ont enlevé notre président », explique-t-elle. Inés Vivas, professeure d’université de 69 ans, se dit « mécontente face à l’action militaire de l’ambassade des États-Unis ». Elle rappelle que le pays est « en état de guerre depuis le moment où ils nous ont bombardés ».

Les relations entre Caracas et Washington ont connu un tournant en mars dernier, avec le rétablissement des liens diplomatiques après plus de sept ans de rupture sous la présidence de Maduro. Depuis, la présidente par intérim Delcy Rodríguez gouverne sous une forte pression américaine, adoptant notamment des lois ouvrant les secteurs des hydrocarbures et des mines aux capitaux étrangers. Cette évolution marque une rupture nette avec l’héritage d’Hugo Chávez, qui avait rompu toute coopération militaire avec les États-Unis pour se tourner vers la Russie, Cuba et l’Iran.

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