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Forêts congolaises, l’espoir communautaire face à la prédation

Alors que la déforestation et les conflits fonciers menacent le deuxième massif forestier tropical au monde, des villages de République démocratique du Congo s’organisent pour préserver leurs terres et leurs ressources.
Dans le nord-est du pays, sous la canopée de la province de la Tshopo, une initiative locale tente de contrer l’emprise croissante sur les espaces boisés. Après plusieurs années de démarches, la communauté de Yainyongo a obtenu en 2023 la concession officielle de plus de onze mille hectares de forêt. Ce statut lui confère un droit d’usage et de gestion durable, un mécanisme légal encore peu répandu qui vise à sanctuariser les terres ancestrales face aux appétits extérieurs.
Le dispositif de foresterie communautaire, instauré il y a une décennie, permet aux populations de sécuriser jusqu’à cinquante mille hectares. L’objectif est double. Il s’agit à la fois de freiner l’accaparement des terres par des investisseurs et de réguler l’exploitation des ressources, comme la production de charbon de bois, activité économique vitale pour de nombreux villages. Cette activité, si elle demeure une source de revenus indispensable, contribue néanmoins à la régression du couvert forestier, qui a reculé de plus d’un tiers en moins de vingt ans sur l’ensemble du territoire national.
Sur le terrain, les promoteurs de ces concessions communautaires prônent une approche pragmatique. Plutôt que d’interdire des pratiques ancrées, ils encouragent des méthodes agricoles plus intensives et moins consommatrices d’espace, comme l’agroforesterie. L’idée est de stabiliser les cultures pour réduire la pression sur les nouveaux défrichements, une cause majeure de tensions dans des zones à forte croissance démographique.
Cependant, ce modèle se heurte à de multiples écueils. L’attribution des terres en République démocratique du Congo reste marquée par une grande complexité et des chevauchements de droits, sources de conflits parfois violents. Des projets de compensation carbone, dont la légalité et le respect des communautés ont été récemment questionnés, ajoutent à la confusion. Certaines communautés engagées dans des démarches de préservation ont même été accusées de brader leurs forêts à des partenaires étrangers, des rumeurs ayant pu dégénérer en affrontements meurtriers.
Malgré ces défis, la sécurisation foncière apparaît pour beaucoup comme une condition nécessaire à la préservation de l’immense patrimoine forestier congolais, considéré comme un puits de carbone crucial à l’échelle mondiale. Elle représente aussi un espoir pour des populations longtemps dépossédées de la gestion de leur environnement immédiat, cherchant désormais à concilier survie économique et protection d’un écosystème menacé.

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