Société
Fin de vie : l’Assemblée renforce le cadre collégial pour l’aide à mourir
Les députés ont acté jeudi une procédure plus encadrée, imposant une concertation obligatoire entre médecins avant toute décision.
Les élus ont modifié en profondeur le dispositif initial concernant l’accompagnement de la fin de vie. Désormais, un collège de professionnels devra obligatoirement se réunir pour examiner chaque demande d’aide à mourir. Cette instance comprendra au minimum le médecin traitant, un spécialiste de la pathologie concernée et un soignant impliqué dans le suivi du patient.
Contrairement à la première version du texte qui prévoyait de simples avis écrits, les experts devront désormais échanger physiquement ou, à défaut, par visioconférence. Ils pourront également solliciter l’opinion d’autres praticiens si nécessaire. Ce n’est qu’après cette étape que le médecin référent pourra statuer sur la requête.
Certains parlementaires ont salué cette avancée, y voyant une garantie supplémentaire pour les patients. D’autres, en revanche, ont dénoncé des ajustements insuffisants, réclamant des mesures plus strictes comme l’obligation d’un examen physique par le spécialiste ou l’interdiction des consultations à distance. Plusieurs propositions alternatives, jugées trop restrictives, ont été rejetées.
Le gouvernement a par ailleurs échoué à imposer une consultation systématique d’un psychiatre en cas de doute sur le discernement du demandeur. Un compromis a néanmoins été trouvé sur le délai de réflexion : la confirmation de la demande devra intervenir au moins 48 heures après l’autorisation médicale initiale.
Les débats ont également porté sur les modalités pratiques. Si les lieux publics ont été exclus pour l’administration du traitement, les établissements de santé restent autorisés à le dispenser. Un amendement a réduit de douze à trois mois la période maximale entre l’autorisation et la procédure, imposant une nouvelle évaluation au-delà de ce délai.
Le texte, qui doit faire l’objet d’un vote définitif fin mai, cherche à concilier respect de la volonté des patients et garanties éthiques. Ces ajustements reflètent la sensibilité d’un sujet qui continue de diviser la classe politique et la société.
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