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Deux parents présumés abandonniques placés en détention au Portugal


La justice portugaise a ordonné l’incarcération provisoire d’une mère et de son compagnon, soupçonnés d’avoir laissé deux jeunes enfants au bord d’une route. Le profil du couple, entre discrétion et théories complotistes, se dessine peu à peu.
Au terme de leur audition, qui s’est poursuivie samedi 23 mai devant le tribunal de Setúbal, au sud de Lisbonne, la mère de famille et son conjoint ont été placés en détention provisoire. Ils sont soupçonnés d’avoir abandonné les deux enfants de la femme, âgés de quatre et cinq ans, en pleine zone forestière au Portugal. Retrouvés sains et saufs, les enfants sont désormais hors de danger, tandis que les enquêteurs tentent de reconstituer le fil des événements.
Le profil de cette mère quadragénaire et de son compagnon de 55 ans commence à être établi par les autorités. Marine R., 41 ans, se présente comme psychomotricienne sur son profil LinkedIn consulté par les enquêteurs. Formée à l’université Pierre-et-Marie-Curie à Paris, elle a exercé à Troyes de 2014 à 2022 avant de se former à la sexologie. Elle se décrit comme une spécialiste des pratiques corporelles et du traitement des traumatismes. Installée récemment à Colmar, dans un immeuble ancien du centre-ville, elle travaillait dans le milieu hospitalier. Le maire de Colmar, Éric Straumann, la décrit comme une personne discrète, issue d’un milieu plutôt favorisé et intellectuel. Il précise qu’elle élevait seule ses enfants, dont l’un fréquentait une crèche municipale et l’autre une école maternelle publique, sans qu’aucun signalement de difficultés sociales ou éducatives n’ait été recensé.
Après sa séparation avec le père des enfants, la mère avait obtenu leur garde, le père ne disposant que d’un droit de visite limité et supervisé, selon le tribunal de Setúbal. Le 11 mai, la famille de Marine R. avait signalé sa disparition, notant qu’elle n’était pas chez elle sans raison apparente et sans avoir prévenu personne, comme l’a rappelé le procureur de Colmar, Jean Richert.
Le compagnon, Marc B., né en 1970 et originaire de Perpignan, est un ancien gendarme ayant quitté l’institution en 2010. Sur son profil Facebook, il se qualifie d’esclave affranchi du ministère de la Défense. Selon les informations recueillies, ses publications mêlent antisémitisme et théories complotistes, avec des messages appelant à vibrer haut ou affirmant que seuls les justes survivront. En 2023, il évoquait le remplacement d’une grande partie de l’humanité par l’intelligence artificielle ou des entités démoniaques, et affirmait que la France était dirigée par des forces du bas astral. Père d’une fille née en 2008, il avait vu sa garde lui être retirée, comme il l’avait mentionné sur les réseaux sociaux.
Les circonstances de la rencontre entre Marine R. et Marc B. demeurent pour l’instant inconnues des enquêteurs.





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