Culture
Des voix françaises protégées contre l’appropriation par l’intelligence artificielle

_**Vingt-cinq artistes de doublage viennent d’obtenir le retrait de modèles génératifs utilisant leurs timbres vocaux sans autorisation, une première salve juridique dans un conflit plus large sur la propriété artistique à l’ère numérique.**_
Un groupe de vingt-cinq comédiens spécialisés dans le doublage a obtenu gain de cause auprès de la plateforme américaine Fish Audio. Celle-ci a procédé au retrait de quarante-sept modèles d’intelligence artificielle générative qui reproduisaient les voix caractéristiques de ces artistes, sans leur accord préalable et sans contrepartie financière. Cette démarche fait suite à des mises en demeure adressées en début d’année, dénonçant des pratiques commerciales déloyales.
L’avocat représentant les doubleurs a salué cette décision, y voyant un signal fort quant à l’application du droit français et européen au-delà des frontières nationales. Une autre plateforme visée par des procédures similaires avait déjà consenti à retirer les contenus litigieux. Cette issue positive ne clôt cependant pas le dossier. Des demandes d’indemnisation restent en suspens et la vigilance demeure de mise, le risque de nouvelles publications illicites n’étant pas écarté.
Les professionnels du secteur soulignent la nécessité d’une décision de justice qui ferait autorité pour l’avenir. Une action collective est en préparation avec pour objectif d’obtenir, à terme, l’interdiction de l’accès à ces services sur le territoire français. Cette affaire cristallise les préoccupations grandissantes des milieux artistiques face au développement rapide des technologies génératives, perçues comme une menace pour les droits des créateurs.
Le débat s’est également invité au Parlement. Une proposition de loi récemment adoptée en commission sénatoriale entend renforcer la protection des œuvres en inversant la charge de la preuve dans les litiges liés à l’IA. Ce dispositif, destiné à rééquilibrer le rapport de force, imposerait aux éditeurs de ces outils de démontrer la licéité des sources utilisées pour entraîner leurs algorithmes. L’examen du texte en séance publique est attendu prochainement.

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