Monde
De nouvelles violences font plus de trente morts dans le centre du Mali


Deux attaques quasi simultanées, revendiquées par le groupe djihadiste JNIM, ont frappé le centre du Mali, faisant au moins trente-cinq victimes selon des sources locales. L’armée malienne affirme avoir mené une opération de représailles.
Plus de trente personnes ont perdu la vie mercredi dans deux attaques distinctes visant des localités du centre du Mali. Le groupe djihadiste JNIM a revendiqué ces opérations, affirmant avoir ciblé des miliciens progouvernementaux. Un responsable local de la jeunesse, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat pour des raisons de sécurité, a évoqué un bilan provisoire de plus de trente-cinq morts, dont vingt-cinq dans la localité de Kori Kori et dix à Gomossogou. Des sources sécuritaires et administratives ont confirmé un nombre de victimes supérieur à trente. De son côté, le collectif de journalistes Wamaps a fait état d’un bilan provisoire de plus de cinquante villageois tués, tandis que d’autres personnes sont toujours portées disparues.
L’armée malienne a indiqué avoir mené jeudi une opération ciblée dans la zone, affirmant avoir neutralisé une dizaine de combattants qualifiés de terroristes, sans fournir davantage de précisions. Les assaillants auraient agi en représailles à des exactions commises par la milice Dan Nan Ambassagou, majoritairement composée de chasseurs traditionnels dogons et officiellement dissoute après avoir été accusée d’un massacre en 2019. Selon une source sécuritaire, les victimes des attaques de mercredi sont en grande majorité des miliciens, mais des adolescents et des enfants figurent également parmi les morts.
Les violences ont également entraîné d’importantes destructions matérielles. Des villages ont été pillés et des habitations incendiées, tandis que des réserves de céréales appartenant aux populations locales ont été détruites, a précisé une source au gouvernorat de Bandiagara. Ces nouvelles tueries interviennent après une série d’attaques coordonnées menées fin avril par le JNIM, allié à Al-Qaïda, et la rébellion du Front de libération de l’Azawad, à dominante touareg. Ces opérations ont visé des positions stratégiques de la junte, jusqu’en périphérie de Bamako, et ont conduit à la prise de contrôle de plusieurs villes et localités du Nord par les djihadistes et leurs alliés. Le ministre de la Défense, Sadio Camara, figure influente du régime, a trouvé la mort dans un attentat-suicide survenu à Kati, fief du pouvoir.
Le centre du Mali est régulièrement le théâtre de violences meurtrières. La région a connu plusieurs massacres ces dernières années, notamment à Ogossagou en 2019 et 2020, à Moura en 2022 où des centaines de civils auraient été tués, ou encore à Diallassagou la même année. Le pays est plongé depuis 2012 dans une grave crise sécuritaire, alimentée par les groupes djihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique, les revendications indépendantistes touarègues et la criminalité communautaire. Le JNIM a récemment appelé à un large front commun pour mettre fin au régime de la junte, au pouvoir depuis le double coup d’État de 2020.





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