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De nouvelles tensions dans le Golfe assombrissent les espoirs de paix

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Alors que Donald Trump affirmait que la trêve tenait toujours, des échanges de tirs dans le détroit d’Ormuz et des accusations mutuelles entre Washington et Téhéran ravivent les craintes d’un enlisement du conflit.

Les affrontements survenus vendredi dans le Golfe ont sérieusement compromis les perspectives d’un accord rapide entre les États-Unis et l’Iran, même si le président américain a maintenu que le cessez-le-feu restait en vigueur. Donald Trump, qui avait estimé mercredi qu’une entente avec la République islamique était « très possible » après des « très bonnes discussions », a toutefois menacé Téhéran de représailles « bien plus violentes à l’avenir » si un accord n’était pas conclu « RAPIDEMENT », dans un message publié sur son réseau Truth Social.

Un mois après l’entrée en vigueur de la trêve, Washington attend toujours la réponse iranienne à sa dernière proposition visant à mettre un terme durable à la guerre et à rétablir le trafic dans le détroit d’Ormuz, que l’Iran a verrouillé. Quelque 1 500 navires et 20 000 membres d’équipage y sont toujours bloqués. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a indiqué qu’il espérait une réponse dans la journée de vendredi. Par ailleurs, selon le journal spécialisé Lloyd’s List, l’Iran a créé une nouvelle agence gouvernementale chargée d’autoriser les passages dans le détroit et de percevoir des droits de navigation. Ce passage stratégique, par lequel transite habituellement un cinquième des hydrocarbures mondiaux, est devenu un foyer majeur de tensions depuis le début du conflit au Moyen-Orient, déclenché par l’attaque israélo-américaine contre l’Iran le 28 février, qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban.

La nuit de jeudi à vendredi a de nouveau été marquée par des affrontements dans la zone. Le commandement militaire iranien a accusé Washington d’avoir violé le cessez-le-feu en prenant pour cible « un pétrolier iranien quittant les côtes iraniennes, ainsi qu’un autre bateau », et d’avoir mené des frappes sur le sud du pays « en coopération avec d’autres pays de la région » non identifiés. La télévision iranienne avait rapporté des explosions entendues dans un port de l’île de Qeshm, située dans le détroit d’Ormuz. De son côté, le commandement américain pour le Moyen-Orient a indiqué que l’Iran avait ouvert le feu avec des « missiles, drones et petits bateaux » contre trois destroyers lance-missiles qui franchissaient le détroit, ajoutant que ces tirs avaient été interceptés. Donald Trump a qualifié ces incidents de « broutille », estimant qu’ils n’avaient pas de conséquence sur le maintien du cessez-le-feu. Téhéran a affirmé avoir infligé « des dommages importants ». En représailles, l’armée américaine a « ciblé les installations militaires iraniennes responsables des attaques contre les forces américaines, dont des sites de lancement de missiles et de drones », a précisé le Centcom.

Les Émirats arabes unis ont annoncé avoir activé leur système de défense anti-aérienne, faisant état de drones et de missiles balistiques « en provenance d’Iran ». Trois personnes ont été blessées. Téhéran, qui n’a pas réagi dans l’immédiat à cette information, avait démenti « catégoriquement » plus tôt dans la semaine tout rôle dans des attaques rapportées ces derniers jours aux Émirats. Les autorités iraniennes ont par ailleurs déclaré avoir arraisonné en mer d’Oman et dérouté vers ses côtes un pétrolier transportant du pétrole iranien, mais qui cherchait « à perturber les exportations de pétrole de l’Iran ». Washington maintient de son côté son blocus des ports iraniens, lancé le 13 avril.

Sur le front libanais, quatre personnes ont trouvé la mort dans des frappes israéliennes vendredi, a annoncé le ministère de la Santé. En Israël, les sirènes d’alerte antiaérienne ont retenti dans plusieurs villes du nord du pays pour la première fois depuis le début de la trêve précaire entre l’armée israélienne et le Hezbollah, le 17 avril. L’armée israélienne a déclaré que « plusieurs tirs avaient été détectés en direction du territoire israélien ». De nouvelles discussions entre les deux pays sont prévues à Washington les 14 et 15 mai, malgré un cessez-le-feu fragilisé par les hostilités entre le Hezbollah et l’armée israélienne. Deux premières séances de discussions directes dans la capitale américaine entre ambassadeurs israélien et libanais avaient eu lieu les 14 et 23 avril. Les deux pays sont officiellement en état de guerre depuis 1948, et ces sessions étaient les premières du genre en 33 ans. Le président libanais Joseph Aoun a affirmé lundi qu’un accord de sécurité avec Israël et la « fin des agressions israéliennes » devaient précéder toute rencontre éventuelle avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

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