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Cocoland, la résurgence d’un site au cœur d’une nouvelle enquête judiciaire

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Le parquet de Paris a ouvert une investigation après la réapparition de la plateforme, fermée en 2024, et déjà mise en cause dans de multiples affaires criminelles.

La plateforme Coco, rebaptisée Cocoland, fait l’objet d’une enquête judiciaire après sa récente réapparition en ligne. Fermée en juin 2024, elle avait été accusée d’avoir servi de vecteur à des agressions sexuelles, notamment dans l’affaire Pelicot, ainsi qu’à des guets-apens homophobes. Mi-avril, la haute-commissaire à l’Enfance Sarah El Haïry avait tiré la sonnette d’alarme après les révélations du journal Ouest-France concernant l’émergence d’un nouveau site, accessible via une adresse URL inédite. Elle avait alors qualifié ce retour de « faillite collective face à l’une des violences les plus graves, la pédocriminalité ».

L’enquête, confiée à l’unité nationale cyber de la gendarmerie, a été ouverte par le parquet de Paris. L’association Face à l’inceste a salué cette initiative tout en regrettant l’insuffisance des mesures publiques. Dans un communiqué, elle dénonce le fait que le site demeure actif, accessible sans contrôle d’âge ni modération, et ce en toute impunité. De son côté, Me Julien Zanatta, avocat du fondateur italien Isaac Steidl, a affirmé que son client était totalement étranger à cette nouvelle ouverture.

Avant cette résurgence, les investigations concernant la plateforme Coco étaient déjà bien avancées. Immatriculé à l’étranger, le site était considéré comme un repaire de prédateurs, mis en cause dans des affaires de trafic de stupéfiants, de diffusion d’images pédopornographiques et de corruption de mineurs. Isaac Steidl avait été mis en examen en janvier 2025 à Paris pour complicité dans ces infractions. Son avocat a qualifié ces poursuites d’injustes et juridiquement infondées, assurant que l’information judiciaire en cours le démontrerait.

Les faits incriminés s’étendent de 2018 à 2024. L’enquête avait été ouverte en décembre 2023. Selon le parquet de Paris, entre le 1er janvier 2021 et le 7 mai 2024, pas moins de 23 051 procédures judiciaires liées à la plateforme Coco avaient été engagées. Soixante-dix parquets sur l’ensemble du territoire avaient transmis des dossiers impliquant ce site, pour un préjudice subi par 480 victimes. Pour accéder à coco.gg, il suffisait de renseigner son genre, son âge et son code postal, sans aucune vérification.

Cette plateforme a été au cœur de plusieurs affaires criminelles retentissantes, dont le procès des viols de Mazan. Pendant dix ans, Dominique Pelicot, condamné en décembre 2024 à vingt ans de réclusion, avait drogué son épouse pour la violer et la faire violer par des hommes recrutés via le site coco.fr. Sarah El Haïry a rappelé que ces espaces numériques ne sont pas anodins, qu’ils exploitent toutes les failles et ciblent des proies, notamment des enfants, facilitant des guets-apens homophobes, des viols, du trafic de stupéfiants et de la traite humaine. Elle a promis que des procédures seraient lancées pour faire fermer ces sites, affirmant qu’ils seraient traqués sans répit.

D’autres plateformes suscitent également l’inquiétude des associations. Certains sites permettent à des hommes d’échanger des conseils pour droguer et violer leurs conjointes. La Fondation des femmes et l’association M’endors pas, cofondée par la fille de Gisèle Pelicot, ont alerté sur le fait que ces plateformes, accessibles depuis la France, pourraient impliquer des utilisateurs français et concerner des victimes dans le pays. Elles demandent l’ouverture d’une enquête par la justice française. En mars, CNN avait révélé l’existence de ces espaces en ligne, les qualifiant d’« académie mondiale du viol », et mentionnant notamment le site pornographique Motherless, qui héberge plus de 20 000 vidéos classées dans la catégorie « sleep », dédiée aux femmes endormies ou droguées à leur insu.

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