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_**L’or au prix de la douleur : Manon Apithy se confie avant Los Angeles**_

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De sa quête olympique à Paris jusqu’à ses ambitions californiennes, la sabreuse française revient sur un parcours marqué par la souffrance et la renaissance.

Le 29 juillet 2024, dans un Grand Palais en effervescence, Manon Apithy a décroché l’or olympique en battant sa compatriote Sara Balzer. Dans un ouvrage intitulé « L’Or de la vie », elle dévoile les coulisses de ce triomphe et insiste sur un thème récurrent : la nécessité de la douleur. « On ignore jusqu’où on est prêt à aller pour obtenir quelque chose si la souffrance n’est pas au rendez-vous », confie-t-elle dans un entretien, ajoutant que cette épreuve est indispensable pour savoir où l’on veut se diriger et comment y parvenir.

Les trois années entre le bronze de Tokyo et l’or de Paris n’ont pourtant pas été un chemin de roses. À un moment, l’envie de s’entraîner s’était évanouie. « Mon corps refusait d’y aller, mais ma tête ne comprenait pas, explique-t-elle. Je me sentais malheureuse, car cet état d’esprit ne me correspondait pas. » Son mari Boladé Apithy et son entraîneur Christian Bauer ont perçu ce mal-être et l’ont orientée vers des spécialistes. « Je n’étais pas alignée avec moi-même, épuisée par les années précédant les Jeux de Rio et de Tokyo. Je n’avais pas pris de pause, et cela ne m’amusait plus. » Le tournant est survenu en mai 2022, lors d’une épreuve de Coupe du Monde à Hammamet, où une blessure à l’épaule l’a contrainte à l’arrêt. « Cette blessure m’a un peu sauvée », admet-elle.

À l’approche des Jeux de Paris, une fébrilité est réapparue durant les championnats d’Europe. « Je sentais que quelque chose clochait », se souvient-elle. Remobilisée par des paroles difficiles à entendre, elle a repris le dessus pour conquérir l’or olympique. Interrogée sur l’après-finale, elle évoque un « moment de flottement entre deux athlètes qui se respectent énormément, sachant chacune le travail accompli ». Elle précise ne pas avoir cherché à exhiber sa médaille devant Sara Balzer, consciente que cette défaite a été rude pour elle.

Aujourd’hui, Manon Apithy se projette vers ses prochains objectifs : un titre mondial et la défense de son sacre olympique à Los Angeles en 2028, après une pause liée à la maternité. « Je veux encore me faire mal, mais dans l’amusement, tempère-t-elle. Je refuse que mes journées soient identiques. » Pour y parvenir, elle diversifie ses entraînements avec des disciplines comme le karaté et échange avec d’autres sportives de haut niveau, telles que Clarisse Agbegnenou. La perspective de devenir porte-drapeau de la délégation française en Californie l’intéresse « bien sûr », au-delà de la simple représentation. « Je suis championne olympique, et être mère m’a appris énormément sur moi-même, conclut-elle. J’ai envie de partager ce que j’ai appris. » Un message clair pour ses futures adversaires.

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