Sports
Un ancien du rugby à la tête du tennis français : le pari audacieux de Didier Retière


Le directeur technique national de la Fédération française de tennis, venu du monde de l’ovalie, s’épanouit dans sa nouvelle fonction et trace déjà un horizon jusqu’aux Jeux de Los Angeles.
Ancien talonneur sans grande renommée sur les terrains, Didier Retière a pourtant marqué le rugby français en tant qu’entraîneur, notamment comme sélectionneur des moins de 20 ans champions du monde en 2006, puis adjoint de Marc Lièvremont lors de la finale de la Coupe du monde 2011. Sa reconversion au tennis suscite des avis partagés. Certains jugent surprenant qu’un homme issu du ballon ovale prenne les rênes techniques d’une discipline individuelle, tandis que d’autres y voient une bouffée d’air frais et un signe d’ouverture.
Depuis qu’il a succédé à Nicolas Escudé après un an et demi de vacance du poste, Retière découvre chaque jour les spécificités du tennis. Il insiste notamment sur la différence majeure entre sports collectifs et individuels : les joueurs et joueuses, surtout en dehors du top 100 mondial, doivent gérer seuls leur carrière, de la logistique à la finance, un véritable travail de chef d’entreprise. Cette réalité l’a frappé et nourrit son nouveau regard sur la discipline.
Père de deux fils rugbymen, Arthur et Edgar, qui évoluent respectivement à l’UBB et à Biarritz, Retière confie suivre avec attention leurs matchs ainsi que les grandes rencontres du XV de France. Mais il avoue consommer désormais beaucoup plus de tennis, ce qui, vu ses fonctions, semble plutôt rassurant. Sous contrat jusqu’aux Jeux olympiques de Los Angeles, il ne cache pas que son avenir après cette échéance reste flou, et envisage sereinement de laisser la place à la jeune génération.
Son parcours illustre une certaine porosité entre les disciplines. Avant lui, un autre grand nom du rugby français, demi d’ouverture légendaire des années 1960 et artisan du premier Grand Chelem des Bleus en 1968, avait déjà ouvert la voie en devenant président de la Fédération française de tennis de 2009 à 2017. Ce dernier, qui avait atteint le classement 2/6 dans sa jeunesse, avait œuvré au sein de la Ligue Midi-Pyrénées avant d’accéder aux plus hautes responsabilités. Une filière qui, visiblement, continue d’inspirer.





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