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Bardella accuse Mélenchon de vouloir remplacer le peuple français

Dans son livre Gouverner, le président du RN s’en prend à Jean-Luc Mélenchon et à son concept de Nouvelle France. Il dénonce un déracinement et un…

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Bardella accuse Mélenchon de vouloir remplacer le peuple français

Dans son livre Gouverner, le président du RN s’en prend à Jean-Luc Mélenchon et à son concept de Nouvelle France. Il dénonce un déracinement et un remplacement du peuple historique, une rhétorique qui flirte avec la théorie du grand remplacement.

Le patron du Rassemblement national n’y va pas par quatre chemins. Dans Gouverner, paru chez Fayard, Jordan Bardella réserve un chapitre entier à Jean-Luc Mélenchon et à sa Nouvelle France. Sa thèse tient en quelques mots. Le fondateur de La France insoumise et ses soutiens seraient des promoteurs du déracinement et du remplacement du peuple historique français, qu’ils voudraient voir céder la place à un autre peuple venu de l’immigration. Un vocabulaire lourd, qui n’est pas sans rappeler les obsessions de l’extrême droite la plus radicale.

Bardella, promis à Matignon en cas de victoire de Marine Le Pen à la présidentielle, décrit surtout une stratégie. Selon lui, Mélenchon mise sur les grandes métropoles et les banlieues islamisées pour consolider son implantation. Il lui reproche de se poser en ayatollah d’un électorat musulman qu’il présente comme stigmatisé et pointé du doigt, histoire de mieux susciter la division et le ressentiment. Il ajoute que la France connaît trop bien le poids de la guerre civile pour accepter le discours de ses promoteurs. Le ton se fait ensuite plus moqueur. Il brosse un Mélenchon confortablement installé depuis son grand boulevard parisien, qui regarde les basculements démographiques de l’autre côté du périphérique et y voit une ultime opportunité électorale.

Le livre défend ensuite une idée simple en apparence. Oui, il existe selon lui un peuple historique, parfois perdu, sommé de vivre côte à côte avec un autre peuple qui ne sait rien de l’endroit où il met les pieds. Non, assure-t-il, je ne veux remplacer aucun peuple, je veux redonner confiance au peuple français. Il décrit alors deux déracinements. Celui du travailleur français modeste qui finit par ressentir un sentiment d’exil sans avoir jamais quitté son pays. Et celui du migrant qui abandonne sa terre pour devenir un étranger à des milliers de kilomètres de l’endroit où il est né. À ses yeux, la gauche et les Insoumis auraient fait du second un progrès tout en accablant le premier. Il conclut qu’une majorité de Français n’est plus dupe et résiste.

Reste le cœur du procédé. En parlant de remplacement, Bardella effleure la théorie complotiste du grand remplacement, portée notamment par Éric Zemmour. Cette idée, sans le moindre fondement scientifique, suppose qu’une population blanche et chrétienne serait volontairement remplacée en Europe par des immigrés, souvent musulmans. L’ouvrage ne reprend pas le terme tel quel, mais le raisonnement s’en approche à grands pas. De quoi alimenter les débats bien au-delà des pages du livre.

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