Économie
Le BHV admet sa faillite et joue sa survie devant les tribunaux
Le grand magasin parisien a reconnu sa faillite et demandé son placement en redressement judiciaire. Vendredi, la justice doit démêler une situation…

Le grand magasin parisien a reconnu sa faillite et demandé son placement en redressement judiciaire. Vendredi, la justice doit démêler une situation financière opaque, avec 700 emplois en jeu.
Le constat est désormais officiel. Mardi, la direction du BHV a reconnu que l’entreprise était en faillite et a déposé une demande de redressement judiciaire. L’ambition affichée est de préserver l’activité et l’emploi, et de sécuriser le plan de relance. L’enseigne réunit le Bazar de l’Hôtel de Ville, institution du centre de Paris depuis 170 ans, et le BHV Parly 2, dans les Yvelines. Elle emploie 700 personnes. Réclamée avec insistance par les représentants du personnel, la procédure ouvrirait une période d’observation de six mois, renouvelable une fois. Au terme de ce délai, un plan de continuation pourra être présenté au tribunal.
Le volet juridique s’annonce pour le moins tortueux. Vendredi, le tribunal des activités économiques de Paris se penche sur la situation financière du groupe. Il doit notamment examiner un signalement de l’inspection du travail, qui soupçonnait déjà cet été le BHV Marais d’être en cessation de paiement. Le maire de Paris Centre, Ariel Weil, a lui aussi saisi le parquet. Il dénonce une série de manquements en matière de sécurité du bâtiment et le non-paiement de cotisations sociales. Dans le même temps, l’entreprise a porté sa demande à Lyon, alors que son siège a déménagé dans la capitale en février. Une porte-parole justifie ce choix par une assignation de créancier ouverte il y a plusieurs mois dans cette juridiction. Des discussions sont en cours entre les conseils et les deux tribunaux pour désigner l’instance compétente.
Cette mauvaise passe n’est pas nouvelle. Revendu à perte en juin par Frédéric Merlin à certains de ses dirigeants, le grand magasin traverse des turbulences depuis des mois. Pendant l’été, un plan de relance avait été dévoilé pour remettre à flot le BHV Marais. Il s’est heurté à un manque de trésorerie, notamment en raison d’un différend avec le fonds canadien Brookfield, propriétaire des murs, qui conteste cette version. Pour Nicolas Bonnet-Oulaldj, adjoint au maire de Paris chargé de l’Emploi, les salariés ne doivent pas être les variables d’ajustement d’une gestion défaillante. Les représentants du personnel vont plus loin. Continuer avec les dirigeants actuels mènerait à l’échec, estiment-ils, et seul un projet de reprise solide et bien financé permettrait de maintenir l’activité et de sauver une partie des emplois.
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