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GlobUs, le paravent russe qui inquiète Paris en Afrique

Paris dénonce une structure présentée comme un club d’experts et soupçonnée de servir des opérations d’influence russes en Afrique. Derrière GlobUs, des…

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GlobUs, le paravent russe qui inquiète Paris en Afrique

Paris dénonce une structure présentée comme un club d’experts et soupçonnée de servir des opérations d’influence russes en Afrique. Derrière GlobUs, des relais médiatiques au Cameroun et au Congo-Brazzaville et des figures issues de l’ancienne galaxie Prigojine.

Paris ne voit pas en GlobUs un simple cercle de réflexion. La structure, qui se présente comme un club international d’experts, servirait de façade à des opérations de manipulation de l’information et d’ingérence politique en Afrique, au bénéfice de la Russie. Elle est particulièrement active au Cameroun et au Congo-Brazzaville. Ce constat s’inscrit dans une offensive russe plus large sur le continent, où Moscou exploite l’affaiblissement de la position française, héritée de la colonisation, pour se poser en partenaire diplomatique, économique et militaire. La troisième édition du sommet Russie-Afrique, qui réunit Vladimir Poutine et des dirigeants de dizaines de pays africains à Moscou, illustre cette dynamique.

Le fonctionnement de GlobUs décrit un réseau bien rodé. Née peu après le lancement de l’offensive russe en Ukraine, cette structure non étatique se présente comme un club international d’experts. Son site internet, disponible en russe, en anglais et en français, ne génère presque aucun trafic. Mais l’organisation est active sur trois chaînes Telegram cumulant plus de 75 000 abonnés, sur d’autres réseaux sociaux et dans des émissions sponsorisées au sein de médias africains. Elle met en relation des journalistes, influenceurs, juristes ou politologues qui diffusent régulièrement des récits pro-russes et anti-occidentaux. Elle organise aussi des tables rondes avec des entités liées à l’État russe, dont la Douma, la chambre basse du Parlement. À sa tête, Youlia Berg et Andreï Gromov, deux entrepreneurs d’influence russes issus de la galaxie Prigojine, mènent des opérations en Russie, en Europe et en Afrique. Après la mort d’Evgueni Prigojine, des entités proches ont été en partie démantelées puis progressivement captées par l’État russe, en priorité par ses services de renseignement. Les deux responsables gardent des liens réguliers avec des structures étatiques russes. Paris estime probable que GlobUs ait été identifiée et exploitée par les services de renseignement russes pour faciliter des opérations d’ingérence et d’influence, tout en relativisant l’efficacité réelle de ces stratégies auprès des populations.

Au Cameroun, le dispositif s’appuie sur un blanchiment d’informations via plusieurs plateformes médiatiques dirigées par des personnalités considérées comme proches des intérêts russes. Afrique Média TV, suspendue mais toujours présente sur d’autres canaux, apparaît comme l’un des principaux relais et amplificateurs des narratifs russes sur le continent, avec 1,2 million d’abonnés sur Facebook. Ces médias diffusent très régulièrement des contenus sponsorisés par GlobUs et nouent des partenariats avec des médias d’État russes. Au Congo-Brazzaville, l’implication des membres de GlobUs s’est renforcée dans la capitale à l’approche du scrutin présidentiel. Le réseau Africa Politology, auquel Youlia Berg est également liée, aurait élargi ses cibles à l’Europe, au Moyen-Orient et à l’Inde. GlobUs rappelle enfin African Initiative, déjà sanctionnée par l’Union européenne pour diffusion de désinformation russe en Afrique.

Sur le plan politique, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a annoncé vouloir demander des sanctions européennes contre les responsables de cette opération d’ingérence. Une manière de hausser le ton face à un réseau qui mêle médias, experts et relais locaux. Mais Paris reconnaît aussi que l’impact de ces campagnes sur les populations reste à nuancer. L’enjeu est moins de diaboliser un sigle que de nommer un mécanisme. Des sites peu visités, des chaînes Telegram, des émissions sponsorisées et des tables rondes suffisent à faire circuler des récits et à brouiller les repères. La réponse française passe donc par la désignation publique de ces réseaux et par la recherche de sanctions, sans surestimer leur force de frappe.

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