Économie
16 milliards d’euros, la facture brûlante de l’été pour la France
Une mission parlementaire chiffre à 16 milliards d’euros le coût des canicules, de la sécheresse et des incendies qui ont frappé le pays cet été. Un…


Une mission parlementaire chiffre à 16 milliards d’euros le coût des canicules, de la sécheresse et des incendies qui ont frappé le pays cet été. Un montant provisoire, au-dessus des premières estimations, qui éclaire le poids grandissant du climat sur les finances publiques.
Les vagues de chaleur, la sécheresse et les feux qui ont traversé la France cet été auront coûté près de 16 milliards d’euros. Le chiffre vient d’une mission parlementaire présentée lundi par le député LFI Éric Coquerel, qui a croisé des données officielles et les auditions de nombreux professionnels, des pompiers aux assureurs en passant par les agriculteurs et les économistes. Cette évaluation reste provisoire. Elle dépasse la fourchette évoquée mi-août par Monique Barbut, qui parlait de 10 à 15 milliards d’euros de coûts directs et indirects.
Le député reconnaît lui-même des réserves méthodologiques. Le calcul additionne des dépenses de nature très différente, avec un risque de double compte. Dans le détail, l’effet sur la croissance pèse environ 0,1 point de PIB, soit près de 3 milliards d’euros, d’après les travaux de l’Insee et du Trésor. S’ajoutent au moins 2,5 milliards de dépenses publiques imprévues, dont 1,3 milliard d’aides aux agriculteurs, quelque 700 millions pour la santé et au moins 300 millions liés aux incendies.
La facture sanitaire, elle, a été estimée par extrapolation, faute de données solides. La mission évalue à environ 200 millions d’euros le surcoût pour l’Assurance maladie, en prenant pour repère la canicule de 2003, puis ajoute 100 millions pour les hôpitaux et entre 260 et 520 millions pour les Ehpad et les établissements médico-sociaux. Côté ménages, elle retient au moins 500 millions de dommages assurés liés aux incendies et jusqu’à 800 millions de hausse des factures d’électricité, portée par les ventilateurs et surtout les climatiseurs.
Le poste le plus lourd vient de l’agriculture. Les syndicats du secteur chiffrent leurs pertes totales à environ 10 milliards d’euros, sans détailler leur méthode. La mission en retient 8,7 milliards une fois les aides publiques déduites. Au-delà du bilan, le rapport ouvre une autre question, celle du coût de l’adaptation du pays aux prochaines vagues de chaleur. Première priorité affichée, les écoles. Adapter les quelque 50 000 établissements demanderait environ 50 milliards d’euros d’ici 2050.
Tous postes confondus, Éric Coquerel estime qu’il faudrait engager dès 2027 entre 10 et 13,6 milliards d’euros, essentiellement dans le budget de l’État, pour se prémunir des conséquences des futures canicules. Le calendrier tombe à pic. Les discussions budgétaires s’ouvrent mercredi à la commission des Finances de l’Assemblée nationale. « Je ferai des amendements » au projet de loi de finances « qui permettront de décliner ces préconisations », a promis le député, qui préside cette commission. La mission suggère enfin de confier à l’Insee un suivi annuel des coûts liés aux canicules, avec six postes dédiés, pour environ 4 millions d’euros sur la période 2027-2030.
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