Nous rejoindre sur les réseaux

Europe

À Liège, la colère des lycéens déborde à nouveau dans les rues

Quatrième journée de mobilisation dans les écoles secondaires de Belgique francophone, et nouveau dérapage à Liège, où les forces de l’ordre ont dû…

Article

le

À Liège, la colère des lycéens déborde à nouveau dans les rues

Quatrième journée de mobilisation dans les écoles secondaires de Belgique francophone, et nouveau dérapage à Liège, où les forces de l’ordre ont dû disperser la foule en centre-ville. Les élèves dénoncent une réforme qui alourdit la charge de travail de leurs professeurs.

La matinée avait pourtant tout d’une protestation tranquille. Devant le collège Saint-Barthélemy, une poignée d’adolescentes brandissaient des pancartes visant la ministre de l’Éducation, Valérie Glatigny, celle qui a porté les économies budgétaires à l’origine de la grogne. « On doit continuer à manifester pour nos droits et ceux de nos professeurs », lance Sahel Bouzalgha, 17 ans. « Si on veut continuer à apprendre normalement, il faut que nos professeurs soient investis dans leur travail, et ce n’est pas avec de telles réformes que ce sera le cas », ajoute-t-elle.

Au centre du bras de fer, une mesure appliquée depuis la rentrée. Les enseignants des trois dernières années du secondaire doivent désormais assurer 22 heures de cours face aux élèves, contre 20 auparavant. Objectif affiché, les aligner sur le rythme de leurs collègues du collège. Sauf que les classes de lycée sont plus remplies et les corrections plus lourdes, protestent-ils. « Les matières ne sont pas les mêmes, les corrections ne sont pas les mêmes… Et on nous a imposé la mesure sans négociation. Le malaise est profond », résume Pierre Warnant, professeur de physique à l’Athénée Royal Charles Rogier.

Devant ce même établissement, Olivia Naime, en dernière année du secondaire, organisait le blocage avec une quinzaine de camarades. « On essaie de faire rentrer le minimum d’élèves et de professeurs », explique la jeune fille de 17 ans. « On vient soutenir les professeurs, on voit qu’ils ont une surcharge de travail qui nous impacte directement. On est là pour montrer qu’on est avec eux. » En fin de matinée, l’ambiance a basculé quand des manifestants venus d’autres quartiers ont tenté de forcer la porte d’entrée métallique et mis le feu à une poubelle.

L’après-midi a viré à l’affrontement. Les policiers en tenue anti-émeute ont eu recours aux gaz lacrymogènes pour repousser la foule du centre-ville, où plusieurs commerces ont été saccagés et du mobilier urbain détruit. Le calme n’est revenu qu’en soirée. Bilan de la journée, une cinquantaine d’arrestations pour trouble à l’ordre public et plusieurs policiers blessés, après une vingtaine de blessés légers dans leurs rangs la veille. Le parquet de Liège avait prévenu qu’il ferait preuve de « tolérance zéro » envers les auteurs d’infractions, tout en rappelant que la grande majorité des élèves manifestaient de façon pacifique. Mardi matin, un adolescent de 13 ans a notamment été interpellé pour avoir lancé sur les réseaux sociaux des appels à venir avec des bidons d’essence pour incendier un établissement.

En soirée, le bourgmestre de Liège, Willy Demeyer, a appelé les élèves à retrouver le chemin des cours dès mercredi, pour montrer qu’ils refusent de « servir de couverture à ceux qui cherchent uniquement la confrontation, la violence et le chaos ». Née dans le sillage des protestations françaises, la mobilisation en est à son quatrième jour de blocage des établissements secondaires. Déjà marquée par des violences jeudi dernier à Liège, elle s’est étendue lundi à d’autres villes de Belgique francophone, notamment Mons et Charleroi.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus