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Léon XIV à Lourdes, entre ferveur populaire et rendez-vous avec les victimes

Après avoir mobilisé plus d’un million de personnes à Paris, le pape poursuit son voyage dans la cité mariale, où 200.000 pèlerins sont attendus. Une…

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Léon XIV à Lourdes, entre ferveur populaire et rendez-vous avec les victimes

Après avoir mobilisé plus d’un million de personnes à Paris, le pape poursuit son voyage dans la cité mariale, où 200.000 pèlerins sont attendus. Une messe en plein air, un bain de foule et surtout une rencontre à huis clos avec sept personnes victimes de violences sexuelles dans l’Église.

Lourdes a changé de visage. La petite cité des Pyrénées, forte d’environ 13.600 habitants, s’est habillée aux couleurs jaune et blanc du Vatican, jusqu’aux vitrines des commerces et des restaurants qui exposent le portrait du souverain pontife. Les 200.000 pèlerins annoncés sur le week-end ont rempli tous les hôtels, et la circulation a été interrompue en ville. Pour rejoindre le sanctuaire, il faut désormais emprunter des navettes spécialement affrétées ou partir de Tarbes, à environ 25 kilomètres de là.

La journée s’ouvre avec les évêques français. Léon XIV prend ensuite place dans la papamobile pour traverser la prairie du sanctuaire marial, un lieu qui attire trois millions de visiteurs chaque année. Devant quelque 150.000 fidèles, il célébrera une messe en plein air, comme l’ont fait avant lui Benoît XVI en 2008, et Jean-Paul II en 1983 puis en 2004.

L’émotion est à son comble chez les fidèles. Anne-Marie Mazars, 56 ans, arrivée de Rodez avec une amie, résume le sentiment général en confiant que la venue d’un pape à Lourdes représente « le Graal », « comme Dieu qui arrive ».

L’après-midi s’annonce plus lourd. Le pape rencontrera des fidèles malades ou en situation de handicap, puis des religieuses. Avant la procession aux flambeaux, il s’entretiendra à huis clos avec sept victimes de violences sexuelles dans l’Église en France. Ce moment est particulièrement scruté, car Léon XIV n’a encore rien dit sur le sujet depuis son arrivée, malgré des interventions nombreuses et longues. La question reste brûlante pour l’Église de France, cinq ans après un rapport qui avait estimé à 330.000 le nombre de mineurs victimes en son sein depuis 1950.

Parmi les personnes reçues figure un ancien de l’institution Notre-Dame de Bétharram. Aucun représentant de collectif n’a été convié, un choix vivement critiqué par des associations qui déplorent « une mascarade » faute de concertation, ou « un jeu de concurrence victimaire ». En Espagne, où il avait rencontré six victimes, Léon XIV avait dénoncé un « fléau » et réclamé « vérité, justice et réparation ».

Signe des tensions qui entourent le déplacement, la basilique du célèbre sanctuaire a totalement recouvert les mosaïques de sa façade. Elles avaient été réalisées par un prêtre slovène accusé d’agressions sexuelles.

Arrivé en fin de journée, le pape américain est de nouveau allé au contact des fidèles sur la route menant au sanctuaire, acclamé par la foule sous la pleine lune. À la grotte de Massabielle, où la Vierge Marie serait apparue dix-huit fois à Bernadette Soubirous en 1858, il a glissé un message subtilement politique dans une prière très recueillie. Il a demandé pour la France des « gouvernants sages et généreux, prêts au sacrifice de soi, capables de relever les défis et désireux de servir le bien commun », à sept mois de l’élection présidentielle.

Le voyage s’achèvera par une dernière étape à Metz, cette fois tournée vers l’Europe et le dialogue interreligieux. À Paris, le pape aura drainé des foules considérables, du Stade de France à Notre-Dame, de l’Élysée à la Concorde, où 800.000 personnes ont assisté à une messe géante. Cette visite a aussi déclenché une couverture médiatique inhabituelle, avec des heures d’éditions spéciales sur plusieurs chaînes de télévision.

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