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700 000 personnes pour dire au revoir à Léon XIV, avant le départ vers Lourdes
Le pape a clôturé son passage à Paris devant une foule immense, rassemblée des Champs-Élysées à la place de la Concorde. Cap désormais sur Lourdes, puis…


Le pape a clôturé son passage à Paris devant une foule immense, rassemblée des Champs-Élysées à la place de la Concorde. Cap désormais sur Lourdes, puis Metz, pour la suite d’un déplacement placé sous très haute protection.
Des heures avant l’arrivée du souverain pontife, ils étaient déjà là. Samedi, les Champs-Élysées ont servi de décor à une marée humaine que les organisateurs ont chiffrée à 700 000 personnes, venues acclamer Léon XIV pour le dernier temps fort de sa visite à Paris. La capitale n’avait pas accueilli un pape depuis 2008. Le pape s’est offert une descente en papamobile le long de l’avenue, bénissant les bébés tendus vers lui, saluant les visages pressés sur son passage, sous un soleil qui a fini par percer.
Pour mesurer l’ampleur du moment, il suffit de regarder les visites précédentes. Benoît XVI avait rassemblé 260 000 fidèles en 2008 aux Invalides, pour la dernière messe papale célébrée à Paris. Jean-Paul II avait, lui, attiré un million de personnes en 1997 à Longchamp, lors de la messe des Journées mondiales de la jeunesse. La veille, la déambulation de Léon XIV dans les rues de Paris avait déjà mobilisé 300 000 personnes, et 80 000 jeunes l’avaient accueilli en soirée au Stade de France, à Saint-Denis.
Le rendez-vous final s’est tenu place de la Concorde, au pied d’une structure éphémère dressée non loin de l’obélisque. Un autel blanc, surmonté d’une croix de quatre mètres, un orgue et des cuivres pour l’entrée, des habits liturgiques taillés pour l’occasion. Sur plus de deux kilomètres, la foule a suivi l’office d’une heure et demie sur des écrans géants, livret de messe en main, reprenant les chants en choeur. Une tonne d’hosties avait été prévue, et la communion s’est prolongée bien après le départ du pape.
Dans son homélie, Léon XIV a parlé de cette « soif de sens, de vérité et d’accomplissement qui habite le coeur de chacun ». Il a mis en garde contre la tentation de se satisfaire de « biens matériels, de satisfactions immédiates, de petites idoles ». Des mots qui ont visiblement trouvé un écho chez les fidèles présents.
« C’est un moment fort pour nous dans notre foi d’être entourés par d’autres gens qui ont aussi cette foi, qui ont soif et qui ont de l’espérance », confie Jeanne de Montagnac, 29 ans, venue avec son mari et leur petite-fille de deux ans, installée sur ses épaules, le numéro de téléphone des parents écrit sur le bras. Près de l’Arc de Triomphe, Marie-Hélène, arrivée de la banlieue parisienne, résume l’essentiel autrement. « L’essentiel c’est qu’on soit nombreux, de participer à la communion. » Virginie Courtot, 51 ans, voit dans ce pape une figure qui « parle à un public au-delà de la religion catholique », capable de « remettre de la nuance et de la réflexion » dans une époque qui en manque. Pour Sylvie Leclerc, 51 ans, enseignante venue de Seine-Maritime, l’état d’esprit général tient en quelques mots. « Les cathos, on ne les entend pas beaucoup, là on va faire du bruit ! Mais pour annoncer l’amour, la paix, la joie. »
Tout n’était pas lisse pour autant. Avant l’arrivée du pape, des militantes de Magdala, association féministe catholique, ont déployé une banderole reprenant un verset de l’Évangile revisité au féminin, « Heureuses celles qui ont soif de justice », pour réclamer que les femmes soient « pleinement accueillies » dans l’Église. Une bénévole chargée de la sécurité leur a demandé de la replier, ce qu’elles ont fait rapidement.
Côté politique, la scène a attiré du monde. Édouard Philippe, Gabriel Attal et Marine Le Pen, cette dernière accompagnée de Jordan Bardella, étaient présents, aux côtés du Premier ministre Sébastien Lecornu, de l’ancien président Nicolas Sarkozy et des présidents des deux chambres du Parlement, Yaël Braun-Pivet et Gérard Larcher. Emmanuel Macron, lui, était représenté par son épouse Brigitte Macron. Un tel rassemblement suppose un dispositif à la hauteur. Près de 15 000 policiers et gendarmes ont été mobilisés, épaulés par 17 000 bénévoles, pour un budget de 27 millions d’euros.
La journée avait commencé ailleurs, dans un quartier populaire, à la Maison Bakhita, une association diocésaine qui vient en aide aux migrants. Léon XIV y a écouté des témoignages d’exilés afghans et nigérians avant de saluer « une maison qui témoigne à toute la ville qu’il est possible de se rencontrer et de vivre ensemble dans la dignité et la paix ». Petit-fils d’immigrés, il défend régulièrement la dignité des exilés et des réfugiés depuis son élection en mai 2025, quitte à s’opposer à la politique migratoire de Donald Trump. Il s’est aussi dit « émerveillé » par le nombre croissant de baptisés en France, dont il a rencontré certains au siège historique de la Catho de Paris. Le chef des 1,4 milliard de catholiques poursuit maintenant sa route vers Lourdes, puis Metz lundi.





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